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Nvidia mise sur la France pour accélérer l’IA européenne

Le géant américain des puces entre au capital de Doctolib et de trois jeunes pousses françaises d’intelligence artificielle. Objectif affiché par son…

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Nvidia mise sur la France pour accélérer l’IA européenne

Le géant américain des puces entre au capital de Doctolib et de trois jeunes pousses françaises d’intelligence artificielle. Objectif affiché par son patron Jensen Huang, faire décoller l’IA en Europe et soutenir des modèles souverains.

Nvidia pose un nouveau jalon en Europe. Le fabricant américain de puces devient actionnaire minoritaire de Doctolib, la plateforme française de prise de rendez-vous médicaux. Il investit aussi dans trois start-up tricolores d’intelligence artificielle. Genesis AI travaille sur la robotique, Pigment développe un logiciel de planification pour les entreprises, et Entalpic applique l’IA générative à la découverte de matériaux pour l’industrie chimique. Les montants engagés n’ont pas été rendus publics. Jensen Huang, le patron de Nvidia, présente cette opération comme un moyen de lancer la révolution de l’intelligence artificielle en Europe.

Cette stratégie ne concerne pas seulement l’Hexagone. Nvidia a investi au moins 8 milliards de dollars en Europe et prévoit d’y ajouter 2 milliards de dollars. Son dirigeant affirme que le groupe a massivement misé sur chaque couche de l’infrastructure de l’IA sur le continent. Après Paris, il devait se rendre à Londres, Stockholm et Berlin pour poursuivre sa tournée. Nvidia a également annoncé prendre le contrôle de la plateforme franco-américaine Hugging Face pour 12,9 milliards de dollars. Ces mouvements dessinent une diversification tous azimuts, par participations, acquisitions ou garanties, dans l’écosystème mondial de l’intelligence artificielle.

Pour Doctolib, l’arrivée de Nvidia se traduit par un apport en capital et un statut d’actionnaire minoritaire, sans siège au conseil d’administration. Stanislas Niox-Château, patron de la plateforme, explique que ces moyens permettront d’accélérer les recrutements et le développement de modèles d’IA propriétaires, qui ne dépendent pas d’Open AI ou d’Anthropic. L’ambition porte sur un assistant personnel de santé pour les patients, mais aussi sur des assistants destinés aux soignants, pour les tâches administratives comme cliniques. Doctolib veut s’appuyer sur les puces, la puissance de calcul et les logiciels ouverts de Nvidia afin de bâtir une IA souveraine, entraînée sur ses modèles et ses données, et contrôlée par elle.

Le sujet reste sensible. Doctolib a lancé un programme de recherche scientifique qui utilise les données personnelles de ses 50 millions d’utilisateurs. Ce programme est présenté comme un levier pour améliorer les parcours de soins grâce à l’intelligence artificielle. Il a suscité une levée de boucliers, notamment de la part de la Ligue des droits de l’Homme. La valorisation de Doctolib s’élève à 3,6 milliards d’euros. Avec Nvidia à son capital, la plateforme veut aller plus vite sur l’IA médicale, un terrain où la protection des données et la confiance des patients restent des enjeux majeurs.

Pour Nvidia, l’opération illustre une méthode éprouvée. Le groupe de Santa Clara avance par investissements et acquisitions pour peser sur toute la chaîne de l’IA. En France, il s’installe chez un acteur central de la santé numérique et dans trois jeunes pousses aux usages très différents. Les promesses sont claires sur le papier. Leur traduction concrète pour les patients, les soignants et les entreprises sera le véritable test.

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