Société
Une arme biologique contre le moustique tigre à Toulouse

La municipalité de Toulouse a lancé une expérimentation inédite en relâchant des moustiques tigres mâles stérilisés, dans l’espoir de freiner la prolifération de ce nuisible vecteur de maladies.
La ville de Toulouse a procédé mardi au lâcher de plusieurs milliers de moustiques tigres rendus stériles, une initiative destinée à endiguer la multiplication de cet insecte, particulièrement actif dès l’arrivée des beaux jours et responsable de la transmission de diverses pathologies. Cette opération, menée dans l’enceinte du cimetière de Terre-Cabade, un vaste espace boisé de plus de trente hectares situé au cœur de la cité, devrait se répéter deux fois par semaine pendant quarante semaines, pour un total de deux cent mille insectes relâchés.
Christophe Privat, directeur des services à la population à la mairie, a souligné le caractère novateur de cette approche, appuyée par des études scientifiques concluantes. La méthode repose sur le lâcher de mâles stériles, des spécimens inoffensifs puisqu’ils ne piquent pas. Leur rôle est de s’accoupler avec les femelles, lesquelles ne se reproduisent qu’une seule fois dans leur existence. En recevant des spermatozoïdes stériles, elles pondent des œufs non viables, ce qui empêche toute descendance et réduit la pression démographique de l’espèce.
Déjà expérimentée à Brive-la-Gaillarde et à Montpellier, cette technique a permis de diminuer les populations de moustiques tigres de plus de la moitié sur les sites concernés. Selon Clélia Oliva, présidente de la société Terratis qui supervise l’opération, les résultats s’améliorent nettement la deuxième année, avec une réduction pouvant atteindre quatre-vingts à quatre-vingt-dix pour cent. Elle insiste sur le fait que cette stratégie ne constitue pas une solution miracle pour éradiquer totalement le nuisible, mais un outil supplémentaire et nécessaire dans la lutte.
Annamaria Tripicchio-Rogier, conseillère municipale déléguée à la condition animale, a précisé que l’expérimentation, d’un coût de cent quatre-vingt mille euros sur deux ans, vient en complément des autres moyens de contrôle. Depuis son introduction dans l’Hexagone en 2004 par le sud-est, le moustique tigre a colonisé quatre-vingt-trois départements métropolitains. Après une année 2025 marquée par un nombre record de cas autochtones de maladies transmises, notamment le chikungunya, les autorités sanitaires appellent à la plus grande vigilance pour limiter les risques d’importation et de dissémination.

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