Économie
Téhéran défie Washington et le pétrole s’envole à son plus haut depuis 2022

La tension entre l’Iran et les États-Unis atteint un nouveau palier, provoquant une flambée du baril de brut à 126 dollars, un seuil inédit depuis le début de la guerre en Ukraine.
Le président iranien Massoud Pezeshkian a averti que le blocus maritime imposé par les États-Unis contre son pays était condamné à l’échec, alors que les cours du pétrole grimpent à des niveaux records. Depuis l’instauration d’un cessez-le-feu le 8 avril, Washington maintient un embargo sur les navires iraniens en représailles au verrouillage du détroit d’Ormuz par Téhéran, une voie maritime par laquelle transitaient, avant le conflit, près d’un cinquième des hydrocarbures mondiaux.
Un haut responsable américain a évoqué la possibilité de prolonger cette mesure pendant plusieurs mois si nécessaire, ce qui a provoqué une escalade verbale de la part de la République islamique. Pezeshkian a qualifié le blocus de violation du droit international et de source de déstabilisation durable dans le Golfe. La veille, Donald Trump avait estimé que cette stratégie était plus efficace que des frappes aériennes, tout en n’excluant pas de nouvelles opérations militaires.
Le conflit, déclenché le 28 février par une coalition israélo-américaine, a causé des milliers de victimes, principalement en Iran et au Liban. Malgré une trêve et des discussions exploratoires à Islamabad le 11 avril, les canaux diplomatiques restent paralysés. Les marchés réagissent vivement à cette perspective d’enlisement, le Brent dépassant jeudi les 126 dollars, un sommet depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022.
Des experts estiment que Washington cherche une victoire militaire décisive, mais que des semaines de bombardements intensifs n’ont pas suffi à faire plier Téhéran. Le président russe Vladimir Poutine a mis en garde Donald Trump contre les conséquences d’une nouvelle escalade pour l’ensemble de la communauté internationale.
Les répercussions économiques du blocus se font sentir chaque jour davantage, avec des pénuries, une inflation galopante et des révisions à la baisse des objectifs des entreprises exposées. L’administration américaine tente de constituer une coalition internationale pour sécuriser la voie maritime, mais les capitales occidentales se montrent réticentes. Quarante-deux navires ont été interceptés à ce jour, et 41 pétroliers sont bloqués en Iran, selon le commandement américain pour le Moyen-Orient.
Aux États-Unis, les critiques fusent contre le coût de la guerre, estimé à 25 milliards de dollars par le secrétaire à la Défense Pete Hegseth. Ce dernier a justifié cette somme par la nécessité d’empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire. En Iran, la population reste fataliste, partagée entre la peur d’une reprise des hostilités et le scepticisme quant à l’issue des négociations.
Sur le front libanais, le président Joseph Aoun a appelé Israël à respecter pleinement le cessez-le-feu du 17 avril avant toute discussion de paix directe. Les opérations israéliennes contre le Hezbollah ont fait plus de 2 500 morts et un million de déplacés depuis mars, tandis que 1,2 million de personnes sont menacées d’insécurité alimentaire aiguë, selon le Programme alimentaire mondial.

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