Économie
Le plan gouvernemental sur les carburants laisse les professionnels sur leur faim

_**Les mesures d’aide annoncées par l’exécutif, d’un montant d’environ 70 millions d’euros, n’ont pas réussi à calmer la grogne des secteurs de l’agriculture et du transport, confrontés à une flambée des prix à la pompe.**_
Une opération de ralentissement a perturbé la circulation sur le boulevard périphérique parisien ce lundi matin. Convoi d’une cinquantaine de poids lourds et d’autocars, cette action a été initiée par les représentants des transporteurs routiers. Ils estiment que le soutien financier dévoilé par le gouvernement est insuffisant pour compenser la hausse continue du coût du gazole.
Pour les entreprises de transport routier, une enveloppe de 50 millions d’euros est prévue au mois d’avril. Elle se traduira par une compensation de vingt centimes par litre de carburant. Les professionnels jugent cette somme dérisoire au regard de l’explosion de leurs charges. Certains évoquent des augmentations de plus de soixante centimes par litre sur les contrats déjà signés, les empêchant de répercuter immédiatement ces coûts sur leurs tarifs. La crainte de faillites est ouvertement exprimée par plusieurs acteurs du secteur.
Du côté du monde agricole, le mécontentement est tout aussi vif. Les exploitants bénéficieront d’une exonération de taxe sur le gazole non routier, représentant une économie d’environ quatre centimes par litre. Les responsables syndicaux qualifient cette mesure de symbolique, la comparant à une aide bien plus substantielle accordée lors de la crise énergétique de 2022. Ils menacent de passer à des actions plus musclées si leurs demandes ne sont pas mieux prises en compte.
Face à cette colère, le gouvernement a tenté d’apaiser les tensions. Le ministre des Transports a laissé entendre que les aides pourraient être prolongées dans les mois à venir si la situation persistait. Il a toutefois écarté toute comparaison avec le plan précédent, invoquant la contrainte budgétaire actuelle. L’exécutif réaffirme son refus de baisser les taxes sur les carburants, qui constituent plus de la moitié du prix payé à la pompe.
Cette pression sur les coûts des intrants, qui touche aussi bien le carburant que les engrais pour les agriculteurs, suscite des inquiétudes en cascade. Des acteurs de la grande distribution redoutent que cette tension inflationniste ne se répercute prochainement sur les prix des produits alimentaires, les industriels pouvant être contraints de réviser leurs tarifs de vente.

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