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La régulation des espèces dites nuisibles, un échec économique et écologique

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Une étude scientifique démontre que la destruction massive de millions d’animaux chaque année en France est non seulement inefficace pour protéger les activités agricoles, mais aussi financièrement déraisonnable.

La politique française de gestion des animaux classés comme nuisibles s’avère contre-productive. Selon une récente analyse, l’abattage systématique de ces espèces ne permet pas de réduire les pertes économiques qui leur sont imputées. Pour certaines populations, cette pratique intensive ne parvient même pas à faire diminuer le nombre d’individus.

Le cadre légal autorise, par le biais d’une liste officielle, la chasse et le piégeage à l’année de plusieurs mammifères et oiseaux. Cette mesure vise officiellement à limiter les dommages aux cultures et les risques sanitaires. Pourtant, les données recueillies sur plusieurs années révèlent une absence de corrélation entre l’intensité des destructions et le montant des dégâts déclarés. L’augmentation du nombre d’animaux éliminés ne se traduit pas par une baisse des préjudices.

Le déséquilibre économique est patent. Les coûts engendrés par les opérations de régulation excèdent largement la valeur des indemnités versées pour compenser les dommages. Les chercheurs estiment que cette dépense publique est jusqu’à huit fois supérieure aux pertes économiques directes. D’un point de vue strictement financier, indemniser les agriculteurs s’avérerait donc moins onéreux que de financer la destruction des animaux.

Sur le plan écologique, l’inefficacité est également constatée. Pour plusieurs espèces d’oiseaux concernées, les effectifs des populations reproductrices restent stables malgré les campagnes d’élimination. Ce constat rejoint des observations antérieures concernant d’autres mammifères, dont le renard, dont les populations résistent à cette pression.

Cette approche, régulièrement remise en cause, fait l’objet de vives critiques. Des instances administratives ont récemment appelé à une révision en profondeur de la stratégie nationale. La perspective d’un renouvellement de la réglementation actuelle suscite des débats, certains préconisant son abandon pur et simple au profit de méthodes alternatives de coexistence.

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