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Économie

La Hongrie et l’Ukraine s’affrontent sur fond de tensions énergétiques et diplomatiques

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_**La libération de ressortissants ukrainiens par Budapest n’apaise pas les relations bilatérales, marquées par un différend persistant sur le transit pétrolier et le blocage de l’aide européenne.**_

Les autorités hongroises ont procédé, vendredi, à la libération et à l’expulsion de sept citoyens ukrainiens précédemment interpellés. Cet épisode intervient dans un contexte de fortes tensions entre Budapest et Kiev, les deux capitales s’opposant sur plusieurs dossiers sensibles. Le gouvernement hongrois justifie ces arrestations par l’ouverture d’une enquête pour des soupçons de blanchiment de capitaux, une version contestée par les autorités ukrainiennes.

Le contentieux principal oppose les deux pays voisins au sujet du transit de pétrole russe. La Hongrie reproche à l’Ukraine de retarder la remise en service d’un oléoduc endommagé, essentiel pour ses approvisionnements énergétiques. En réponse, Kiev dénonce le blocage, par Budapest, d’un prêt européen de soutien à l’Ukraine ainsi que l’adoption de nouvelles sanctions contre Moscou. Le Premier ministre hongrois a explicitement lié ces deux questions, affirmant que son pays userait de tous les moyens à sa disposition pour faire pression.

Les déclarations des dirigeants ont récemment franchi un nouveau cap. Le président ukrainien a évoqué, de manière allusive, la possibilité de recourir à des mesures de rétorsion contre quiconque entraverait le versement de l’aide européenne. De son côté, le chef du gouvernement hongrois a réaffirmé sa détermination à obtenir la reprise des livraisons pétrolières, conditionnant d’autres formes de coopération à cet impératif. Ces prises de parole ont suscité des réactions de désapprobation au sein des institutions européennes.

L’incident impliquant les convoyeurs de fonds ukrainiens a encore attisé les frictions. Selon les services financiers hongrois, les individus interpellés transportaient des sommes importantes en devises et en métal précieux. Les autorités ukrainiennes ont, quant à elles, dénoncé une forme de prise d’otages et réclamé la restitution des avoirs saisis. La diplomatie ukrainienne a convoqué le représentant hongrois à Kiev et déconseillé les déplacements de ses citoyens en Hongrie.

Cette crise bilatérale s’inscrit dans un cadre géopolitique plus large. La position de la Hongrie, qui entretient des relations avec Moscou tout en étant membre de l’Union européenne et de l’OTAN, contraste avec celle de l’Ukraine, engagée dans un conflit armé contre la Russie. L’oléoduc au cœur du litige bénéficie d’une dérogation temporaire aux sanctions européennes sur les hydrocarbures russes, une exemption destinée à certains pays d’Europe centrale. Le refus ukrainien de rétablir le transit se fonde sur une objection de principe, considérant qu’il est inenvisageable de faciliter les revenus énergétiques de l’État agresseur.

L’imbroglio actuel illustre les difficultés à maintenir une unité de façade au sein de l’Union européenne face à la guerre en Ukraine. Il met en lumière les divergences d’intérêts nationaux et les leviers de pression que certains États peuvent actionner, compliquant la formulation d’une réponse commune et cohérente.

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