Économie
Un nouveau foyer de dermatose bovine détecté en Ariège malgré la vaccination

La découverte d’un second cas dans un cheptel pourtant immunisé ravive les tensions dans la région Occitanie, où les agriculteurs contestent toujours le protocole d’abattage systématique.
Un élevage ariégeois de 113 têtes, vacciné depuis une quinzaine de jours, doit être entièrement abattu ce vendredi après la confirmation d’un cas de dermatose nodulaire contagieuse. Cette annonce porte à 116 le nombre total de foyers recensés sur le territoire national depuis le début de l’épizootie. Le département des Pyrénées devient ainsi le second, après les Pyrénées-Orientales, à enregistrer un nouveau cas malgré un taux de vaccination dépassant les seuils réglementaires européens.
Selon les dernières données ministérielles, près de 70% du cheptel bovin des dix départements du Sud-Ouest concernés par la campagne de vaccination a reçu une injection. Les autorités rappellent qu’une protection efficace n’est acquise que vingt-et-un jours après l’administration du vaccin et que la maladie peut circuler de manière asymptomatique avant toute manifestation clinique.
Cette nouvelle contamination a provoqué un vif émoi parmi les professionnels. À Mirepoix, à une vingtaine de kilomètres de l’exploitation touchée, des dizaines d’élus locaux et près de deux cents personnes se sont rassemblés à l’appel des maires ruraux. Face au préfet de l’Ariège, le président de la chambre d’agriculture départementale a exprimé l’exaspération de la profession, dénonçant l’abattage de troupeaux vaccinés et plaidant pour un passage à un abattage sélectif une fois l’immunité collective assurée.
Le représentant de l’État a réaffirmé le maintien du protocole en vigueur, soulignant que l’immunité n’était pas encore pleinement acquise dans la zone, tout en appelant à l’apaisement. Les syndicats agricoles, quant à eux, estiment que l’exécutif pourrait faire évoluer sa doctrine pour éviter l’euthanasie totale des cheptels. Ils attendent désormais les rencontres prévues à Paris en début de semaine prochaine avec une certaine défiance.
Dans ce contexte tendu, le gouvernement a fait savoir que des mesures de soutien aux éleveurs seraient dévoilées progressivement tout au long du mois de janvier, avec une première série d’annonces attendue dès dimanche. Le Premier ministre a toutefois précisé que la mise en œuvre de ces dispositifs nécessiterait des crédits budgétaires.
Parallèlement, la mobilisation se poursuit sur le terrain. En Occitanie, des barrages filtrants maintenus par les agriculteurs perturbent toujours la circulation sur plusieurs axes autoroutiers. Un cortège est également prévu samedi dans les rues de Toulouse, où les manifestants entendent symboliser les pertes subies et engager le dialogue avec la population urbaine.

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