Économie
Le gouvernement britannique opte pour une fiscalité renforcée pour apaiser les marchés financiers

Face aux pressions économiques, l’exécutif travailliste présente un budget équilibrant rigueur fiscale et mesures sociales, dans un contexte de croissance atone et de défiance persistante.
Le gouvernement britannique a dévoilé mercredi un projet budgétaire marqué par de nouvelles augmentations fiscales, visant à restaurer la confiance des investisseurs tout en préservant le pouvoir d’achat des ménages. La ministre des Finances Rachel Reeves a défendu un plan destiné à assainir les finances publiques sans recourir à une politique d’austérité, affirmant privilégier une fiscalité équitable et des services publics robustes.
Ce budget intervient dans un climat économique difficile, caractérisé par une croissance quasi nulle et un déficit public préoccupant. L’exécutif, dirigé par Keir Starmer, mise sur une stratégie fiscale subtile, renonçant à modifier les taux de l’impôt sur le revenu mais gelant les seuils d’imposition. Cette disposition, qualifiée par certains d’augmentation déguisée, devrait générer près de 13 milliards de livres d’ici 2030. S’y ajoutent des relèvements de taxes sur les propriétés haut de gamme, les activités de pari et les régimes de retraite privés.
L’Office for Budget Responsibility a par ailleurs revu à la baisse les perspectives de croissance jusqu’en 2029, malgré une légère amélioration des prévisions pour l’année en cours. La ministre a imputé cette situation complexe à l’héritage des quatorze années de gouvernement conservateur, ainsi qu’aux conséquences du Brexit et de la pandémie.
En parallèle, le budget comporte plusieurs mesures sociales destinées à soutenir le pouvoir d’achat. La suppression du plafond des allocations familiales, représentant un coût de 3 milliards de livres, constitue la disposition la plus significative. Le gouvernement a également acté une revalorisation des pensions de retraite et du salaire minimum supérieure à l’inflation, ainsi qu’un gel des tarifs ferroviaires et des frais pharmaceutiques.
Ces annonces s’inscrivent dans un contexte politique tendu, où le parti au pouvoir voit sa popularité érodée face à la montée du mouvement europhobe Reform UK. Les réactions des marchés financiers, traditionnellement sensibles aux annonces budgétaires, seront déterminantes pour l’avenir de cette politique économique.

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