Monde
Des Britanniques de tous âges dans le viseur de la justice pour leur engagement pro-palestinien

De jeunes étudiants à des retraités, plusieurs citoyens britanniques font face à des poursuites après avoir manifesté en soutien à une organisation désormais interdite.
Marji Mansfield, une retraitée de 68 ans, ne s’attendait pas à se retrouver un jour accusée de soutenir des activités qualifiées de terroristes. Cette grand-mère de sept petits-enfants a été interpellée début juillet lors d’une manifestation organisée pour protester contre l’interdiction de Palestine Action, un mouvement ajouté récemment à la liste des organisations proscrites par les autorités britanniques.
Cette décision gouvernementale, vivement critiquée par des défenseurs des droits et même par certaines instances internationales, a suscité une vague de mobilisations à travers le pays. Plus de 200 personnes ont été arrêtées à ce jour, selon les organisateurs des rassemblements. Parmi elles, trois manifestants ont été inculpés en vertu de la législation antiterroriste, une infraction pouvant mener à des peines allant jusqu’à quatorze ans de prison.
Alice Clack, médecin de 49 ans, compte parmi celles qui ont choisi de braver les mises en garde des forces de l’ordre. Arrêtée le 19 juillet lors d’une manifestation à Londres, elle affirme agir par devoir moral. « Personne ne souhaite se faire interpeller, mais il y a une responsabilité à défendre nos libertés publiques », explique-t-elle, évoquant son indignation face à la situation humanitaire à Gaza.
Zahra Ali, étudiante de 18 ans, partage ce sentiment. Libérée sous contrôle judiciaire après son arrestation, elle dénonce l’inaction des autorités britanniques face à la crise qui frappe la population palestinienne. « Si des octogénaires sont prêts à prendre ce risque, je ne pouvais pas rester silencieuse », confie-t-elle.
Le gouvernement justifie l’interdiction de Palestine Action en invoquant des actions violentes attribuées au mouvement. La ministre de l’Intérieur a déclaré disposer d’éléments préoccupants sur ses activités. Pourtant, pour les manifestants, il s’agit avant tout d’une question de principe. « Nous ne sommes pas des terroristes, mais des citoyens ordinaires qui refusons de fermer les yeux », insiste Marji Mansfield, désormais soumise à des restrictions strictes, comme l’interdiction de se rendre dans certains lieux publics avec ses petits-enfants.
Un nouveau rassemblement est prévu dans les prochains jours, malgré les avertissements des forces de l’ordre. L’affaire, qui soulève des questions sur l’équilibre entre sécurité nationale et libertés fondamentales, devrait être examinée par la justice en novembre.

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