Monde
L’ONU presse Bangkok et Phnom Penh de maintenir la trêve frontalière

Les Nations unies appellent à la retenue tandis que des incidents isolés menacent la fragile cessation des hostilités entre les deux voisins d’Asie du Sud-Est.
L’Organisation des Nations unies a vivement encouragé mercredi la Thaïlande et le Cambodge à honorer scrupuleusement leur accord de cessez-le-feu, alors que des accusations réciproques de violations émaillent les premiers jours de cette trêve. Les échanges de tirs, qui avaient provoqué d’importantes pertes humaines et des déplacements massifs de civils, s’étaient poursuivis pendant cinq jours avant l’entrée en vigueur de l’arrangement négocié sous médiation internationale.
Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme a souligné la nécessité d’une application rigoureuse de cet engagement, tout en insistant sur l’importance des démarches diplomatiques pour régler les contentieux territoriaux sous-jacents. Cette position fait écho aux demandes formulées par la présidente de l’Assemblée nationale cambodgienne, qui réclamait le déploiement d’observateurs neutres pour garantir le respect des dispositions convenues.
Les autorités thaïlandaises ont signalé des tirs en provenance du territoire cambodgien dans la province de Sisaket, qualifiant ces incidents de « violation manifeste » des termes du cessez-le-feu. De son côté, Phnom Penh a imputé à Bangkok la responsabilité de certaines escarmouches nocturnes, bien que les deux camps affirment désormais maîtriser la situation.
Ces tensions s’inscrivent dans un différend ancien remontant à la période coloniale, avec des revendications contradictoires sur des zones frontalières mal délimitées. Les récentes confrontations, parmi les plus violentes depuis une décennie, ont entraîné le déplacement de plus de 300 000 civils et causé des pertes militaires et civiles substantielles des deux côtés.
Malgré ces frictions persistantes, des rencontres entre officiers supérieurs se sont tenues conformément au protocole établi, aboutissant à des mesures concrètes de désescalade. La Chine, par la voix de son vice-ministre des Affaires étrangères, a confirmé la volonté affichée des deux parties de préserver la trêve, tandis que les États-Unis et d’autres puissances régionales continuent de soutenir les efforts de médiation.
Les observateurs soulignent cependant le caractère précaire de cet apaisement, alors que des milliers de personnes évacuées hésitent encore à regagner leurs foyers. Les autorités thaïlandaises reconnaissent elles-mêmes la fragilité du calme revenu, appelant à la vigilance tant que les racines du conflit n’auront pas été traitées de manière définitive.

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