Culture
Wicked s’affranchit de ses origines scéniques dans son nouvel opus


Le deuxième volet de l’adaptation cinématographique élargit considérablement l’univers fantastique créé pour Broadway, développant des dimensions narratives inexplorées jusqu’alors.
La décision de scinder l’adaptation de la comédie musicale en deux longs métrages avait initialement suscité des interrogations quant à ses motivations commerciales. Les créateurs défendent pourtant une ambition artistique légitime, celle d’approfondir substantiellement la mythologie d’Oz au-delà des contraintes imposées par la scène. Ce second opus, qui paraît cette semaine sur les écrans français, déploie ainsi une vision élargie de l’histoire précédant le classique cinématographique Le Magicien d’Oz.
Le film consacre des séquences entières à revisiter des moments emblématiques du chef-d’œuvre de 1939, notamment l’arrivée de la jeune Dorothy au pays fantastique. Deux compositions musicales inédites spécialement créées pour le cinéma viennent enrichir la partition originale, dont l’une révèle les fragilités cachées de l’apparemment parfaite Glinda. L’interprète du rôle souligne combien cette exploration des zones d’ombre du personnage constitue l’apport majeur de cette suite.
L’intrigue reprend plusieurs années après les événements du premier volet. Elphaba, la magicienne à la peau verte, vit désormais en exil, stigmatisée comme une sorcière malfaisante. Glinda, de son côté, occupe une position enviable au sein du régime établi, mais paye son ascension sociale d’une profonde solitude et de remords liés à son passé. La distribution principale, dont les performances avaient été saluées par des nominations aux Oscars pour le premier film, retrouve ses rôles avec une intensité dramatique accrue.
La narration accentue délibérément les intersections entre la trame de Wicked et le récit original de Lyman Frank Baum. Alors que la version scénique n’évoquait Dorothy que par une brève silhouette, le film multiplie les apparitions de l’héroïne kansasienne, toujours montrée de manière à préserver son mystère. Cette approche souligne son rôle involontaire dans les intrigues politiques du royaume fantastique. Les producteurs insistent sur la liberté narrative permise par ce deuxième volet pour entrelacer les destinées des personnages.
Avec des recettes mondiales dépassant les 750 millions de dollars pour sa première partie, la franchise cinématographique a d’ores et déjà démontré son potentiel commercial. Reste à voir si cet univers fantasy, moins ancré dans la culture populaire française qu’anglo-saxonne, parviendra à conquérir un public plus large lors de cette nouvelle sortie.





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