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Wauquiez crée la polémique avec son projet de « bannissement » des OQTF vers Saint-Pierre-et-Miquelon

Le président de LR suscite l’indignation en proposant d’exiler les étrangers jugés dangereux dans l’archipel français, une idée qualifiée de « méthode de colon » par ses détracteurs.
La proposition choc de Laurent Wauquiez a enflammé le débat politique. Le candidat à la présidence des Républicains suggère d’éloigner les personnes sous obligation de quitter le territoire (OQTF) considérées comme dangereuses en les envoyant dans un centre de rétention à Saint-Pierre-et-Miquelon. Selon lui, ce dispositif, inspiré par le modèle australien, exercerait une pression suffisante pour inciter ces individus à regagner leur pays d’origine.
L’élu justifie sa position en dénonçant la limite actuelle de 90 jours de rétention administrative, jugée insuffisante. Il plaide pour un allongement significatif de cette durée, citant en exemple l’Italie et le Royaume-Uni. Le climat rigoureux de l’archipel, avec ses températures glaciales et ses précipitations fréquentes, serait selon lui un puissant facteur dissuasif.
Cette annonce intervient dans un contexte de campagne interne au parti LR, où Wauquiez affronte notamment Bruno Retailleau, actuel ministre de l’Intérieur. Ce dernier avait essuyé un échec récent après le refus de l’Algérie de réadmettre plusieurs de ses ressortissants sous OQTF.
Les réactions ont été vives, transcendant les clivages politiques. Le ministre des Outre-Mer a fermement condamné l’idée, rappelant que Saint-Pierre-et-Miquelon n’est « ni une prison ni une zone de relégation ». À gauche, les critiques fusent, comparant le projet à un « Guantánamo-sur-Mer » ou évoquant un retour aux méthodes coloniales. Même Marine Le Pen a pris ses distances, estimant que les OQTF doivent être renvoyés dans leur pays plutôt que déplacés dans un territoire français.
Au sein de la majorité présidentielle, certains dénoncent une dérive populiste, accusant Wauquiez de sacrifier les principes républicains pour des calculs électoraux. La polémique s’annonce comme un test décisif dans la course à la tête des Républicains, à quelques semaines du congrès du parti.

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