Monde
Une coalition de huit États musulmans condamne la nouvelle législation israélienne

La mesure, perçue comme ciblant spécifiquement les Palestiniens, suscite une réprobation internationale et des craintes pour la stabilité régionale.
Huit nations à majorité musulmane ont exprimé leur profonde inquiétude face à la récente adoption par le parlement israélien d’une loi élargissant le champ d’application de la peine capitale. Dans une déclaration commune, les ministres des Affaires étrangères de l’Arabie saoudite, de l’Égypte, de la Jordanie, de l’Indonésie, du Pakistan, du Qatar, de la Turquie et des Émirats arabes unis ont qualifié ce texte de dangereuse escalade, soulignant son caractère discriminatoire envers les détenus palestiniens.
Le dispositif législatif prévoit que la peine de mort puisse être prononcée contre toute personne ayant causé intentionnellement la mort d’un citoyen ou résident israélien dans le but de nuire à l’État. Pour les résidents de Cisjordanie, territoire occupé depuis 1967, cette sanction devient automatique si l’homicide est qualifié d’acte de terrorisme par les autorités militaires israéliennes. Cette particularité a conduit les pays signataires à mettre en garde contre un risque d’aggravation des tensions et une érosion de la stabilité dans la région.
La position de ces gouvernements rejoint les critiques formulées par plusieurs instances internationales. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a précédemment estimé que l’application de cette loi aux Palestiniens des territoires occupés pourrait constituer un crime de guerre. De son côté, l’Indonésie, en tant que nation musulmane la plus peuplée, a dénoncé une violation grave des droits humains et du droit humanitaire, appelant à l’abrogation du texte et réaffirmant son soutien à la cause palestinienne.
Historiquement, la peine de mort est extrêmement rare dans l’ordre juridique israélien. Elle n’a été exécutée que deux fois depuis la fondation de l’État, la dernière fois en 1962 à l’encontre du criminel de guerre nazi Adolf Eichmann. L’adoption de cette nouvelle législation marque donc un tournant significatif dans la politique pénale du pays.

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