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Un pétrolier russe intercepté par la France paie un million d’euros pour repartir

Le Tagor, navire de la flotte fantôme russe, va pouvoir lever l’ancre après avoir versé une amende record. La justice française a accepté un…

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Un pétrolier russe intercepté par la France paie un million d'euros pour repartir

Le Tagor, navire de la flotte fantôme russe, va pouvoir lever l’ancre après avoir versé une amende record. La justice française a accepté un plaider-coupable de sa société propriétaire.

Le pétrolier Tagor n’est plus prisonnier des eaux françaises. Immobilisé depuis le 2 juin en baie de Douarnenez après avoir été arraisonné par la marine nationale, il a obtenu le feu vert pour repartir. La condition était simple : payer un million d’euros d’amende pour avoir navigué sans pavillon valable et refusé d’obéir aux ordres des militaires.

L’histoire commence le 31 mai dernier. À plus de 400 milles nautiques des côtes bretonnes, un bâtiment de la marine française repère ce navire de 252 mètres. Il transporte du pétrole et flotte sous un pavillon camerounais. Problème : ce pavillon est un faux. Les autorités françaises demandent à monter à bord, comme le permet le droit maritime international. Le commandant russe refuse. La marine prend alors le contrôle du bateau et le détourne vers la France.

Le Kremlin a immédiatement crié à la piraterie. Mais pour Paris, c’est une opération légale contre une pratique bien connue : celle de la flotte fantôme. Depuis les sanctions occidentales contre le pétrole russe et iranien, des dizaines de vieux pétroliers changent de pavillon comme de chemise pour continuer à livrer du brut. Le Tagor est passé des Iles Marshall au Panama, puis à Madagascar, avant d’arborer frauduleusement celui du Cameroun. Ce pays africain a d’ailleurs condamné l’usage non autorisé de son nom.

La société propriétaire, enregistrée aux Iles Marshall, n’a pas contesté les faits. Elle a accepté une procédure de plaider-coupable et versé le million d’euros. Le procureur de Brest a précisé qu’elle s’est engagée à obtenir rapidement un pavillon licite. Le commandant du navire, lui, avait été placé en garde à vue puis relâché dès le lendemain.

Ce n’est pas la première fois que la France intercepte un tel navire. Depuis septembre 2025, quatre pétroliers de la flotte fantôme ont été stoppés en mer. Le Deyna, le Grinch et le Bocaray ont déjà pu repartir après avoir payé des amendes. Le ministre des Affaires étrangères avait évoqué plusieurs millions d’euros pour le Grinch. Le cinquième, le Deliver, est toujours bloqué près de Marseille.

Le Tagor serait lié à Mohammed Hossein Shamkhani, un magnat iranien du pétrole. C’est le fils d’Ali Shamkhani, proche conseiller de l’ancien guide suprême iranien, tous deux tués en février lors de l’offensive israélo-américaine contre l’Iran. Un détail qui rappelle que ces navires ne transportent pas seulement du brut. Ils sont les rouages d’une économie parallèle qui défie les sanctions internationales.

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