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Un ex-dentiste lozérien jugé pour des actes médicaux contestés

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Le tribunal correctionnel de Mende examine les accusations portées contre un ancien chirurgien-dentiste de 61 ans, poursuivi pour des interventions jugées abusives et des préjudices subis par plusieurs dizaines de patients.

Pendant deux jours, la justice lozérienne se penche sur le cas de José Pereira Mendes, un praticien d’origine portugaise âgé de 61 ans. Installé à Badaroux, une commune limitrophe de Mende, de fin 2018 jusqu’à son arrestation en janvier 2021, il exerçait auparavant au Portugal et au Mozambique durant une vingtaine d’années. Les charges retenues contre lui incluent des violences ayant entraîné des mutilations ou infirmités permanentes, une escroquerie au détriment de la Sécurité sociale, un abus de confiance et des faits de blanchiment. Il encourt une peine maximale de dix années d’emprisonnement.

À son arrivée à l’audience, visiblement affaibli et s’appuyant sur une béquille, l’ancien dentiste a rejeté les accusations liées aux aspects financiers du dossier. « Je ne suis pas l’auteur des escroqueries, je suis une victime de mon assistante », a-t-il déclaré, tout en imputant les séquelles de ses patients à son incarcération. « J’ai dû stopper le travail, c’est pour cela que les gens ne vont pas bien. J’ai réalisé tous les soins avec un contrôle radiologique », a-t-il affirmé. Radié par l’ordre des dentistes en 2022, il comparaît libre après avoir effectué une année de détention provisoire.

Ce procès rappelle celui des frères Guedj, dentistes marseillais condamnés en 2023 pour des mutilations infligées à près de 400 patients. Dans le cas présent, le Dr Pereira Mendes est accusé d’avoir facturé à la Caisse Commune de Sécurité Sociale de Lozère des actes non justifiés médicalement ou non réalisés, causant un préjudice estimé à 330 000 euros. Une experte a décrit dans un rapport des travaux « non-conformes, inachevés et à refaire », laissant les patients « en grande détresse ».

Les témoignages des victimes sont accablants. L’une d’elles, venue consulter pour un abcès, a subi l’extraction inutile de seize dents saines et la pose d’implants non fonctionnels. « Je souffre en permanence de la bouche et je ne peux pas manger normalement », a-t-elle confié aux enquêteurs. Un autre patient, qui s’est vu retirer quatorze dents, a déploré avoir perdu des dents en bonne santé. Au total, quarante-quatre personnes ont été identifiées comme victimes dans le dossier d’instruction, mais d’autres pourraient encore se manifester durant l’audience.

La Sécurité sociale a relevé 1 234 anomalies dans 131 dossiers. Une ancienne employée du praticien, qui effectuait des tâches de secrétaire et d’assistante dentaire, a décrit un homme animé par une seule ambition : « faire rentrer de l’argent à tout prix pour financer sa maison au Mozambique ». Me Catherine Szwarcz, avocate représentant vingt-sept parties civiles, a souligné l’attente des victimes. « Elles souhaitent que M. Mendes ait un geste humain. Il les a chosifiées, elles attendent d’être réintégrées dans leur humanité », a-t-elle expliqué, évoquant également les proches qui subissent au quotidien les conséquences de ces actes, entre perte de vie sociale, déformation du visage et dépression.

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