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Un champ de compétition pour maîtriser l’essor des drones militaires
Dans la plaine de Haute-Marne, des soldats de plusieurs nations se sont affrontés lors d’un exercice inédit destiné à perfectionner l’emploi des drones au combat, un outil devenu central dans les conflits modernes.
À Semoutiers-Montsaon, une base aérienne abritant le seul régiment de drones de l’armée de terre française, 37 équipes françaises et 11 délégations de pays alliés ont pris part à un challenge international. Pendant deux jours, pilotes et copilotes ont enchaîné les épreuves avec un objectif commun, celui de progresser ensemble face à une technologie qui transforme en profondeur les opérations militaires.
Le sergent-chef Aymeric et le caporal-chef Clément, du 7e bataillon de chasseurs alpins, ont ainsi affronté un parcours exigeant. Leur drone FPV, piloté depuis un casque immersif, a heurté le sol après une perte de liaison, un incident qui a pesé sur leur chronomètre. Malgré ce contretemps, le binôme s’est dit satisfait de sa prestation, soulignant la complexité de l’environnement de vol.
Le général Pierre Schill, chef d’état-major de l’armée de terre, a assisté à l’événement en insistant sur l’importance de cette mutation. L’usage massif des drones dans les conflits contemporains constitue une avancée comparable à l’invention de la poudre ou du char. Pour la France, qui n’est pas engagée dans un conflit majeur, l’enjeu est de suivre ce mouvement en termes de qualité et de savoir-faire.
Quelques heures avant l’ouverture du challenge, une alerte au drone à Vilnius a rappelé la réalité de cette menace. Le général a souligné que l’armée de terre se dote actuellement de six escadrons de drones, afin de répondre à un danger bien présent à l’est du continent.
Pour les participants, l’essentiel n’est pas le classement final. Le sergent Burnett, des Marines américains, a salué l’occasion d’apprendre des autres, notamment des Belges, des Britanniques et des Français. Chaque équipe apporte son propre matériel et ses systèmes analogiques, ce qui permet de comparer les avantages et les inconvénients de chaque approche. Le sergent Luke Crossley, du génie royal britannique, a souligné l’intérêt de développer les compétences collectivement plutôt que de travailler isolément.
Les épreuves ont été conçues pour reproduire des situations opérationnelles. Dans l’une d’elles, un binôme devait repérer un véhicule blindé ennemi à l’aide d’un drone, puis faire atterrir l’appareil sur un filet placé à l’arrière du véhicule, simulant l’action d’un drone kamikaze. Le pilote, dont la vision est limitée à ce que filme l’appareil, est guidé par le copilote, qui surveille plusieurs écrans pour détecter des indices sonores ou visuels.
Le caporal-chef Clément a résumé sobrement l’avancée que représente cette technologie. Avant, il fallait envoyer un homme sur le terrain, avec un risque mortel. Aujourd’hui, un drone peut être sacrifié sans perte humaine. Une révolution qui, selon le sergent Burnett, ne remplacera jamais totalement l’infanterie. Le soldat restera indispensable sur le terrain.
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