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Économie

Le Comminges retient son souffle face à la menace de liquidation de l’usine Fibre Excellence

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Plus d’un millier de personnes se sont rassemblées jeudi soir à Saint-Gaudens pour défendre l’usine de pâte à papier, placée en redressement judiciaire. L’avenir du territoire tout entier est en jeu.

À une centaine de kilomètres de Toulouse, le sort de l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens cristallise toutes les inquiétudes. Jeudi soir, une réunion publique a réuni salariés, syndicalistes et habitants, venus nombreux exprimer leur soutien à ce site industriel menacé de disparition. L’entreprise, qui exploite les deux dernières usines françaises de pâte à papier, à Saint-Gaudens et à Tarascon, a été placée en redressement judiciaire fin avril. Le tribunal de commerce de Toulouse lui a accordé un délai de six mois pour trouver un repreneur.

« Si ça ferme, le Comminges est mort », résume Marc Daffos, 57 ans, dont 18 passés dans l’entreprise, à l’aube de sa retraite. Comme lui, beaucoup redoutent l’effet domino sur l’économie locale, des scieries aux commerces de proximité. Danielle Poublan, fonctionnaire retraitée de 69 ans et militante syndicale, venue soutenir les salariés, résume l’atmosphère : « Si Fibre Excellence ferme, ce sera des chômeurs en pagaille. » Pour Cédric Caubère, secrétaire général de la CGT Haute-Garonne, une telle issue serait « une catastrophe absolue ».

L’usine produit de la pâte à papier, mais aussi de l’électricité à partir de bois et de copeaux. Cette activité complémentaire, devenue déficitaire en raison de la flambée des cours de la matière première, a lourdement pesé sur les comptes du groupe. Les salariés ont obtenu du gouvernement une promesse de revalorisation du tarif de rachat du mégawatt, mais l’actionnaire indonésien a jugé l’augmentation insuffisante et refusé tout nouvel investissement.

Dans un message vidéo diffusé lors de la réunion, la présidente socialiste de la région Occitanie, Carole Delga, a tenté de rassurer : « Rien n’est perdu, parce que nous avons un projet sérieux et parce que vous avez des savoir-faire et des compétences. » Ce projet d’avenir, présenté devant une salle comble au parc des expositions de Villeneuve-de-Rivière, prévoit un repositionnement sur une nouvelle pâte à papier, la production de bioéthanol et le chauffage de serres pour le maraîchage local.

Carole Delga a également évoqué des « pistes sérieuses » de repreneurs, sans toutefois donner de nom. Les syndicats, de leur côté, ont mentionné dans un communiqué l’intérêt d’un industriel suédois, sans confirmation officielle. « On entend des choses, mais pas d’annonces », regrette Nicolas Mendela, opérateur de production de 39 ans, dont le moral est au plus bas depuis l’arrêt des lignes de production il y a un mois.

En fin de soirée, des dizaines de salariés sont montés sur scène pour entonner un chant écrit pour l’occasion : « Ohé, sauvez l’usine pour nos familles et nos racines. Ohé, on ne lâchera rien, le territoire debout jusqu’à demain. » Un appel vibrant, porté par une communauté tout entière suspendue à l’issue du redressement judiciaire.

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