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La justice turque démet la direction du principal parti d’opposition

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Un tribunal d’Ankara a annulé en appel l’élection de la direction du Parti républicain du peuple (CHP), replaçant l’ancien dirigeant Kemal Kiliçdaroglu à sa tête, dans un contexte de pression judiciaire croissante sur la formation politique.

La décision, rendue publique jeudi par l’agence de presse officielle Anadolu, invalide le scrutin de fin 2023 qui avait porté Özgür Özel à la présidence du CHP. Les juges ont estimé que des irrégularités avaient entaché le processus électoral, évoquant des pressions exercées sur certains délégués, des promesses d’embauche et des achats de voix. Cette annonce a provoqué une chute de plus de 6 % de l’indice BIST100 à la Bourse d’Istanbul en clôture.

Özgür Özel a immédiatement réagi sur le réseau social X, affirmant qu’il ne se soumettrait pas à cette décision et promettant de défendre l’honneur, la dignité et le courage de son parti. Des rassemblements de soutien se sont organisés devant le siège du CHP à Ankara, où une réunion d’urgence a été convoquée.

Depuis sa victoire aux élections locales de 2024, qui a infligé un revers sévère au Parti de la justice et du développement (AKP) du président Recep Tayyip Erdogan, le CHP est la cible d’une série de procédures judiciaires. Plusieurs de ses municipalités ont été visées par des enquêtes, et le maire d’Istanbul, Ekrem Imamoglu, figure emblématique de l’opposition, est incarcéré depuis plus d’un an pour des accusations de corruption qu’il conteste. D’autres élus CHP de la métropole stambouliote sont également emprisonnés dans le cadre de la même affaire.

En septembre dernier, la direction provinciale du CHP à Istanbul avait déjà été destituée pour des motifs similaires. Un répit était pourtant intervenu en première instance fin 2025, lorsque la justice avait jugé infondée une plainte portant sur les mêmes irrégularités lors du congrès de 2023.

Pour les analystes, ces décisions s’inscrivent dans une stratégie d’affaiblissement du CHP à l’approche de l’élection présidentielle de 2028. Sinem Adar, du Centre d’études appliquées sur la Turquie à Berlin, estime que l’érosion démocratique est désormais complète dans le pays, soulignant l’absence de réactions significatives face à la répression qui frappe le principal parti d’opposition. Gönül Tol, du Middle East Institute à Washington, a relevé le contraste entre cette situation et les efforts du ministre turc des Finances, Mehmet Simsek, qui se trouve à Londres pour rassurer les investisseurs sur la sécurité des placements en Turquie.

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