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Un accord de paix en Iran se profile mais reste à sceller

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Les États-Unis et l’Iran auraient esquissé les grandes lignes d’un accord pour mettre un terme au conflit au Moyen-Orient, entré dans son quatrième mois, mais la validation de Donald Trump reste en suspens.

Des sources américaines ont indiqué jeudi qu’un cadre d’entente avait été établi avec Téhéran, sans toutefois être définitivement approuvé par le président américain. L’agence iranienne Tasnim a rapidement démenti cette information, affirmant que le texte n’était pas finalisé et qu’aucun accord n’était encore conclu. Cette annonce intervient alors que les hostilités se poursuivent sur d’autres théâtres du conflit, notamment au Liban, où Israël a élargi sa zone de combat contre le Hezbollah, une condition jugée essentielle par l’Iran pour toute négociation.

Le conflit, déclenché le 28 février par une offensive israélo-américaine, a provoqué des milliers de victimes et perturbé l’économie mondiale en faisant flamber les cours du pétrole. La République islamique contrôle en effet le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce pétrolier. Alors que les discussions semblaient compromises, Washington a évoqué un accord prévoyant une prolongation de soixante jours du cessez-le-feu instauré le 8 avril. Ce texte, qui nécessite encore l’aval de Donald Trump, ne traite pas directement du programme nucléaire iranien, mais inclurait un engagement de Téhéran à ne pas chercher à acquérir l’arme atomique.

Le ministre américain des Finances, Scott Bessent, s’est montré prudent, indiquant que les équipes avaient échangé à plusieurs reprises mais que la décision finale appartenait au président. Les marchés financiers ont réagi avec circonspection, les Bourses européennes limitant leurs pertes tandis que Wall Street atteignait de nouveaux sommets. Les cours du pétrole sont restés stables, les investisseurs attendant une confirmation officielle avant de modifier leurs positions.

Sur la question du détroit d’Ormuz, l’accord prévoirait un accès illimité, en échange de la levée du blocus américain des ports iraniens et d’une suspension des sanctions permettant à Téhéran de vendre son pétrole. Washington a toutefois menacé de s’en prendre à Oman, un allié régional, si ce pays coopérait avec l’Iran pour contrôler le détroit. De nouvelles sanctions ont également été annoncées pour tarir les revenus pétroliers iraniens.

Plusieurs points de friction subsistent. Téhéran réclame le déblocage de 24 milliards de dollars d’avoirs gelés à l’étranger et refuse tout transfert de son stock d’uranium enrichi, une exigence de Donald Trump. Par ailleurs, les deux camps se sont mutuellement accusés de violer le cessez-le-feu. Dans la nuit de mercredi à jeudi, les États-Unis ont abattu quatre drones iraniens et frappé un site à Bandar Abbas, tandis que les Gardiens de la Révolution ont revendiqué une attaque contre une base américaine. Le Koweït a également signalé des tirs sur son territoire.

À Téhéran, la population exprime son inquiétude. Une coiffeuse de 62 ans a confié son soulagement d’avoir pu faire quitter le pays à sa fille, décrivant la situation comme un enfer, tandis que son fils vit au jour le jour sans perspective d’avenir. Au Liban, au moins dix-sept personnes ont péri dans des frappes israéliennes dans le sud du pays, où Israël a élargi sa zone de combat contre le Hezbollah. La Force intérimaire des Nations unies au Liban a déploré une escalade récente, malgré le cessez-le-feu du 17 avril. Le Pentagone doit accueillir vendredi des représentants militaires libanais et israéliens, avant une nouvelle session de pourparlers prévue les 2 et 3 juin à Washington.

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