Économie
Trump renonce à ses menaces et évoque un « cadre » pour le Groenland
Le président américain a annoncé, depuis le Forum de Davos, la suspension des mesures de rétorsion commerciales qu’il brandissait contre plusieurs alliés, évoquant désormais une entente de long terme concernant le territoire arctique.
Donald Trump a opéré un revirement notable dans le dossier du Groenland. Après des semaines de déclarations belliqueuses et de menaces de droits de douane, le président américain a soudainement annoncé, mercredi depuis Davos, avoir défini « le cadre d’un futur accord » avec l’Otan concernant ce territoire autonome danois et l’ensemble de la région arctique. Il a simultanément levé les sanctions commerciales qu’il avait promises pour le 1er février.
L’homme d’affaires, qui se présente volontiers comme un négociateur hors pair, s’est montré extrêmement évasif sur le contenu précis de cet arrangement. Il a simplement affirmé qu’il donnait aux États-Unis « tout ce qu’[ils] voulaient », tout en niant qu’une transaction financière soit en jeu. Interrogé pour savoir si cet accord équivalait à une acquisition du Groenland, M. Trump a éludé la question, se contentant de décrire une entente « de long terme », « sans limite de durée », voire « pour toujours », portant sur des questions de sécurité et d’accès aux ressources minières.
Ce changement de ton intervient après une période de fortes tensions avec plusieurs capitales européennes. Le président américain avait en effet menacé d’imposer des tarifs douaniers croissants à huit pays alliés, dont le Danemark, la France et l’Allemagne, les accusant de jouer « un jeu très dangereux » par leur présence militaire sur l’île. Sa rhétorique s’était également enflammée sur la nécessité d’une « acquisition » pure et simple pour contrer l’influence russe et chinoise dans l’Arctique.
Quelques heures avant son annonce, M. Trump avait déjà pris soin d’écarter explicitement toute option militaire. « Je n’ai pas besoin d’utiliser la force. Je ne veux pas utiliser la force. Je n’utiliserai pas la force », avait-il déclaré, semblant vouloir apaiser les craintes et les marchés financiers. Il a d’ailleurs fait référence aux turbulences boursières de la veille, les attribuant, par un lapsus manifeste, à « l’Islande » plutôt qu’au Groenland.
Les négociations à venir seront pilotées, selon ses dires, par le vice-président JD Vance, l’émissaire spécial Steve Witkoff et le secrétaire d’État Marco Rubio. Pour l’heure, la réaction officielle danoise se limite à un prudent soulagement face à la suspension des menaces, le ministre des Affaires étrangères évitant soigneusement de commenter le fond du projet d’accord encore très flou.
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