Économie
Trump ravive les tensions militaires au Panama : un retour en force contesté

L’ombre des bases américaines plane à nouveau sur le canal, suscitant inquiétudes et divisions politiques dans le pays.
La volonté affichée par l’administration Trump de renforcer l’emprise américaine sur le canal de Panama a déclenché une onde de choc dans ce pays d’Amérique centrale. L’arrivée de soldats américains, autorisée par un récent accord, réveille le spectre d’une présence militaire permanente, trente ans après le retrait des forces des États-Unis. Le président panaméen José Raul Mulino, pourtant proche de Washington, se retrouve sous le feu des critiques, accusé de brader la souveraineté nationale.
L’accord, négocié sous pression, permet aux États-Unis de déployer des troupes pour des missions de formation et des exercices conjoints, sans mention explicite de bases permanentes. Pourtant, l’utilisation d’anciennes installations militaires américaines ravive les craintes d’un retour discret de l’armée étrangère. Des juristes et experts panaméens dénoncent une violation des traités de 1977, qui garantissent la neutralité du canal et interdisent les bases étrangères sur le sol national.
La rhétorique de Donald Trump, centrée sur la menace chinoise, alimente les suspicions. Washington voit d’un mauvais œil l’implantation de l’entreprise hongkongaise Hutchinson aux abords du canal, y percevant un risque pour ses intérêts stratégiques. Certains analystes y discernent une manœuvre pour contrer Pékin en cas de crise régionale, notamment autour de Taïwan. D’autres, comme le professeur Euclides Tapia, balayent ces arguments, qualifiant cette prétendue menace de « fabriquée de toutes pièces ».
Face aux accusations, le gouvernement panaméen se défend en invoquant une coopération sécuritaire mutuelle, sans concession territoriale. Mais l’opposition dénonce une capitulation déguisée, tandis que des voix historiques, comme celle de l’ancien conseiller Julio Yao, fustigent une « recolonisation » en trompe-l’œil. L’équilibre diplomatique reste fragile : si Mulino tente de rassurer, les divisions persistent sur la manière de gérer les exigences américaines sans sacrifier l’indépendance du pays.
Au-delà des enjeux locaux, cette situation illustre la stratégie agressive de l’administration Trump pour contenir l’influence chinoise en Amérique latine. Une politique qui, selon certains observateurs, pourrait exacerber les tensions bien au-delà des eaux panaméennes.

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