Économie
Tourisme camerounais à l’épreuve des tensions séparatistes


Dans le sud-ouest anglophone du Cameroun, les infrastructures touristiques luttent pour leur survie face à une crise politique persistante qui éloigne les visiteurs étrangers.
Depuis une décennie, les établissements hôteliers de Limbé font face à une désertion progressive de leur clientèle. Les magnifiques plages de sable volcanique qui faisaient jadis la renommée de cette station balnéaire peinent aujourd’hui à attirer les voyageurs, effrayés par le climat d’instabilité régnant dans les régions anglophones. Cette situation perdure malgré les efforts déployés par les professionnels du secteur pour maintenir leurs activités à flot.
Le conflit trouve son origine dans des revendications portées par la minorité anglophone, qui dénonce sa marginalisation face au pouvoir central. Les violences ayant éclaté en 2016 ont entraîné plusieurs milliers de victimes et profondément affecté l’économie locale. Si la présence militaire assure désormais une relative stabilité dans les centres urbains comme Limbé, les zones rurales demeurent le théâtre d’affrontements réguliers entre forces gouvernementales et groupes séparatistes.
Les mesures de confinement décrétées chaque lundi par les indépendantistes ambazoniens paralysent régulièrement l’activité commerciale. Ces journées dites « ville morte » contraignent les entreprises à fermer leurs portes et dissuadent toute velléité touristique. Les hôteliers subissent de plein fouet ces restrictions, voyant leur chiffre d’affaires s’effondrer et leurs effectifs se réduire considérablement.
Le complexe Seme Beach illustre ce déclin dramatique. Son directeur a dû réduire de moitié sa capacité d’accueil et se séparer des trois quarts de son personnel. Le vaste parking, autrefois saturé, ne compte plus que quelques véhicules. La clientèle d’affaires liée à l’industrie pétrolière s’est évaporée, tout comme les touristes venus admirer les paysages exceptionnels du mont Cameroun ou explorer les vestiges historiques de la région.
À l’approche du scrutin présidentiel, les craintes s’accentuent. Les consignes de confinement se multiplient, renforçant l’isolement de la région. Pourtant, certains établissements parviennent à subsister grâce à une clientèle locale ou frontalière. Des initiatives se développent pour tenter de restaurer l’image de la destination, notamment par le biais des réseaux sociaux et de campagnes de promotion ciblées.
Les professionnels du tourisme gardent l’espoir d’une amélioration prochaine. Ils soulignent le calme relatif régnant dans la zone et multiplient les arguments pour convaincre les visiteurs internationaux de leur retour. La résilience dont font preuve ces acteurs économiques témoigne de leur attachement à cette région aux paysages remarquables, en attente d’une paix durable qui seule permettra son plein épanouissement touristique.





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