Monde
Téhéran estime peu probable une reprise des hostilités avec Washington
Alors que les tractations diplomatiques se poursuivent pour sceller un cessez-le-feu durable, l’Iran juge mercredi la perspective d’un nouveau conflit armé avec les États-Unis peu vraisemblable, en dépit des récentes frappes américaines.
Un haut responsable des forces navales des Gardiens de la révolution, Mohammad Akbarzadeh, a estimé que la probabilité d’une guerre restait faible en raison de ce qu’il a qualifié de faiblesse de l’adversaire. Il a toutefois précisé que les forces armées iraniennes demeuraient en état d’alerte maximale, prêtes à riposter à toute agression. Ces déclarations interviennent alors que le trafic aérien a repris dans dix aéroports du pays et que l’accès à internet a été partiellement rétabli, selon l’ONG de surveillance NetBlocks. Le verrouillage du détroit d’Ormuz par Téhéran se poursuit cependant, provoquant une flambée des cours pétroliers et entretenant les tensions.
La veille, la République islamique avait menacé de répondre à tout acte malveillant, accusant Washington d’avoir violé le cessez-le-feu dans le sud du pays. Le commandement américain pour le Moyen-Orient avait annoncé avoir frappé des sites de lancement de missiles, sans confirmation officielle de Téhéran, bien que des explosions aient été rapportées dans la ville portuaire de Bandar Abbas. Sur le plan diplomatique, les discussions se poursuivent. L’agence Isna a fait état de négociations globalement positives après la visite de hauts responsables iraniens au Qatar, première rencontre de ce type depuis le début des hostilités. Les échanges portent notamment sur le déblocage des fonds gelés à l’étranger, une condition posée par Téhéran pour avancer vers un accord.
Le président iranien Massoud Pezeshkian a profité de la fête de l’Aïd al-Adha pour dénoncer les tyrans de notre époque, tandis que les marchés financiers oscillent entre optimisme prudent et attentisme. Un analyste de Pepperstone a souligné que l’espoir demeurait quant à la signature d’un protocole d’accord entre les deux puissances. Donald Trump, qui doit réunir son gouvernement, cherche une issue à un conflit impopulaire ayant gravement perturbé l’économie mondiale. Selon le groupe de réflexion International Crisis Group, un accord permettrait au président américain de revendiquer un succès diplomatique, tandis que l’Iran obtiendrait un répit économique avant d’être contraint de faire des concessions sur le dossier nucléaire.
L’allié israélien de Washington pourrait toutefois faire dérailler les discussions. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé une intensification des opérations au Liban contre le Hezbollah, malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 avril. De nouvelles frappes ont fait 31 morts mardi, selon le gouvernement libanais, et l’armée israélienne a étendu ses opérations terrestres au-delà de la ligne jaune qu’elle avait établie dans le sud du pays.
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