Économie
Stellantis tourne le dos à l’hydrogène, un coup dur pour l’industrie française

Le constructeur automobile met fin à son programme de véhicules utilitaires à pile à combustible, remettant en cause l’avenir d’une usine récemment inaugurée près de Lyon.
Le groupe Stellantis a pris la décision d’abandonner son projet de développement de véhicules utilitaires légers fonctionnant à l’hydrogène. Cette orientation stratégique, justifiée par l’absence de perspectives économiques viables à moyen terme, concerne directement la coentreprise Symbio, détenue conjointement avec Michelin et Forvia.
La production en série de ces modèles, initialement prévue dans les usines de Hordain et Gliwice, a été purement et simplement annulée. Le constructeur, qui n’avait écoulé que 300 exemplaires de sa précédente génération, réaffectera les 176 employés concernés vers d’autres projets. Cette décision intervient alors que Symbio venait d’inaugurer fin 2023 un site de production de piles à combustible dans la région lyonnaise.
Les partenaires industriels ont vivement réagi. Michelin a qualifié ce revirement de « brutal et non concerté », tandis que Forvia a souligné l’impact immédiat sur Symbio, dont Stellantis représentait près de 80% de l’activité. Le constructeur a néanmoins engagé des discussions pour trouver des solutions alternatives.
Cette annonce relance le débat sur la viabilité de l’hydrogène dans le secteur des transports. Malgré des atouts techniques indéniables – recharge rapide et autonomie étendue – cette technologie peine à s’imposer face aux contraintes économiques. Le coût élevé des véhicules, autour de 100 000 euros l’unité, et la rareté des stations de recharge freinent son adoption.
Stellantis rejoint ainsi Renault, qui avait déjà abandonné début 2025 sa production d’utilitaires hydrogène à Flins. Seuls quelques constructeurs asiatiques et allemands maintiennent aujourd’hui des programmes limités dans ce domaine, confirmant le statut encore marginal de cette technologie prometteuse mais coûteuse.

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