Monde
Scrutin hondurien sous tension, la présidente Castro dénonce une fraude électorale et des pressions étrangères


La cheffe de l’État sortante accuse ouvertement des manipulations du processus de vote et l’ingérence de l’ancien président américain Donald Trump, alors que le dépouillement, longtemps interrompu, s’achève dans un climat de vives contestations.
Le processus électoral au Honduras demeure paralysé par des accusations de fraude et des tensions politiques exacerbées. La présidente Xiomara Castro a publiquement condamné ce qu’elle qualifie de falsification des résultats et a pointé du doigt l’ingérence de l’ancien dirigeant des États-Unis, Donald Trump. Ce dernier a apporté son soutien au candidat du Parti national, Nasry Asfura, qui caracole en tête du décompte avec une avance étroite sur son rival libéral, Salvador Nasralla.
Le dépouillement, suspendu à plusieurs reprises pour des raisons techniques depuis le scrutin du 30 novembre, a finalement repris. Les derniers chiffres publiés par le Conseil national électorial accordent une légère avance à M. Asfura. Son adversaire, un présentateur de télévision de 72 ans, conteste farouchement ces données. Il affirme avoir été victime d’un vol électoral et réclame un recompte manuel intégral des procès-verbaux, mettant en cause l’intégrité du système informatique utilisé.
Lors d’un rassemblement public, Mme Castro a dénoncé un processus entaché par des pressions et des manipulations, évoquant notamment des enregistrements audio compromettants qui circulaient avant le vote. Elle a également fustigé les déclarations de M. Trump, qui avait menacé de conséquences les Honduriens s’ils votaient pour la candidate du parti au pouvoir. En réaction, le parti Libre, formation de la présidente, a exigé l’annulation pure et simple du scrutin et appelé à des mouvements de protestation.
De son côté, l’administration américaine sortante a défendu la régularité du processus, affirmant qu’aucune preuve crédible ne justifiait une invalidation. Les observateurs internationaux de l’Organisation des États américains ont pour leur part pressé les autorités électorales d’accélérer le dépouillement final. Le Conseil national électoral dispose légalement jusqu’à la fin du mois pour proclamer un vainqueur, tandis que des milliers de procès-verbaux font encore l’objet de vérifications en raison d’incohérences signalées.





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