Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

Roumen Radev officiellement chargé de former le gouvernement bulgare

Article

le

L’ancien président, vainqueur des législatives anticipées, a reçu le mandat de constituer un exécutif que les Bulgares espèrent durable, mettant fin à une longue période d’instabilité politique.

Le 7 mai 2026, l’ancien chef de l’État Roumen Radev s’est vu remettre les rênes du pouvoir par la présidente Iliana Iotova. Cet ancien pilote de chasse de 62 ans, à la tête du parti « Bulgarie progressiste », a immédiatement soumis la liste de ses ministres, dont le Parlement doit se prononcer vendredi. « Les Bulgares ont confirmé leur volonté d’avoir des institutions stables, ainsi que de défendre la liberté, la démocratie et la justice, en accordant une majorité parlementaire à une seule force politique », a déclaré le dirigeant de centre gauche, qui prône une reprise du dialogue avec Moscou.

Arrivé au pouvoir sur la promesse de « démanteler le modèle oligarchique », Roumen Radev hérite de dossiers brûlants. Le budget 2026 reste à élaborer, l’inflation s’accélère nettement et le système judiciaire est paralysé. Il devra également engager des réformes anticorruption pour débloquer près de 400 millions d’euros de fonds européens du plan de relance. Sans surprise, l’ancien général a choisi une équipe largement composée de ses ex-conseillers à la présidence. Dimitar Stoyanov, un ancien collègue de l’armée de l’air, prend la Défense, tandis que l’avocat Ivan Demerdjiev hérite de l’Intérieur. Galab Donev occupera le poste de vice-Premier ministre et ministre des Finances, et Velislava Petrova, une ancienne vice-ministre des Affaires étrangères, dirigera la diplomatie.

Pour la première fois en près de trente ans, cet État des Balkans de 6,5 millions d’habitants, le plus pauvre de l’Union européenne, disposera d’un gouvernement soutenu par une majorité absolue. Le parti de M. Radev a en effet remporté 131 des 240 sièges au Parlement lors du scrutin anticipé du 19 avril. « Les Bulgares ont voté pour une Bulgarie stable », a souligné la présidente en début de semaine, alors que le pays a connu pas moins de huit élections législatives depuis 2021.

Critique des politiques énergétiques de l’Union européenne et partisan de relations « pragmatiques » avec Moscou, Roumen Radev a séduit une partie de l’électorat favorable à la Russie. Perçu comme prorusse par certains observateurs, il rejette vigoureusement cette étiquette. Avant le scrutin, il avait affirmé qu’il ne mettrait pas son veto à l’aide destinée à l’Ukraine, mais que la Bulgarie ne participerait pas à son financement. « Sur le plan de la politique étrangère, je veux rassurer : il n’y aura pas de virage radical ou extrême », a déclaré mardi Petar Vitanov, le chef de son groupe parlementaire, assurant que la position du gouvernement Radev serait proche de celle de la « plupart des dirigeants européens ».

Côté économie, M. Radev a alerté sur la dégradation des comptes publics, avec un déficit budgétaire qui devrait largement excéder les 3% du PIB. L’inflation annuelle a atteint 7,1% en avril, soit trois points de plus que le mois précédent, principalement sous l’effet de la hausse du prix des carburants. Mardi, l’équipe de « Bulgarie progressiste » a fait savoir qu’elle envisageait de relever le plafond de la dette afin d’assurer le versement des pensions et des salaires. « Les recettes budgétaires augmentent à un rythme convenable mais les dépenses progressent encore plus vite, d’où le creusement du déficit », souligne Latchezar Bogdanov, chef économiste à l’Institut pour l’économie de marché, un cercle de réflexion siégeant à Sofia. Le gouvernement devra s’attaquer aux monopoles et aux cartels, tout en évitant de compenser l’inflation par des hausses des salaires et des retraites ou par des subventions aux entreprises.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus