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Donald Trump loue l’entretien « très réussi » avec un Lula « extrêmement énergique »

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Le président américain a salué jeudi la qualité de sa rencontre avec son homologue brésilien, qualifié de « très dynamique », lors d’un échange de plus de deux heures et demie à la Maison Blanche, centré sur les enjeux commerciaux et les droits de douane.

Donald Trump a tenu à exprimer sa satisfaction à l’issue de son entretien avec Luiz Inacio Lula da Silva, publiant un message sur son réseau Truth Social pour vanter une réunion qui s’est « très bien passée » avec « le très dynamique président du Brésil ». Le locataire de la Maison Blanche a précisé que les discussions avaient porté sur une multitude de sujets, avec un accent particulier mis sur le commerce et la question des tarifs douaniers.

Contrairement aux anticipations, les deux dirigeants n’ont pas offert de déclaration conjointe à la presse, ni en début ni en fin de rencontre. Le président brésilien devait s’adresser aux journalistes depuis l’ambassade du Brésil à Washington. Les relations entre Brasilia et les États-Unis ont connu des tensions notables, bien que les deux hommes, pourtant opposés sur le plan idéologique, reconnaissent une forme d’entente personnelle, comme le suggère le message de Donald Trump.

Leur première rencontre officielle, en octobre dernier en Malaisie, s’était déjà déroulée dans un climat cordial. Washington avait alors largement allégé la surtaxe punitive imposée au Brésil en réaction aux déboires judiciaires de l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro, allié de Donald Trump, actuellement incarcéré pour une peine de 27 ans pour tentative de coup d’État.

Cependant, le contexte a considérablement évolué depuis. Les États-Unis ont orchestré le renversement du dirigeant socialiste vénézuélien Nicolas Maduro et se sont engagés dans un conflit armé contre l’Iran aux côtés d’Israël. Luiz Inacio Lula da Silva, qui avait accusé Donald Trump en 2025 de vouloir « devenir l’empereur du monde », a fermement condamné ces deux interventions, affirmant son opposition à toute ingérence politique, quel que soit le pays concerné.

Âgé de 80 ans, Lula arrive à Washington dans une position politique affaiblie, après plusieurs revers parlementaires. À moins de six mois de l’élection présidentielle, il se trouve au coude-à-coude dans les sondages avec Flavio Bolsonaro, le fils aîné de son prédécesseur. Selon des analystes, le chef de l’État brésilien cherche à consolider sa relation personnelle avec Donald Trump pour limiter les risques d’ingérence américaine dans le scrutin. L’administration Trump considère en effet l’Amérique du Sud comme sa sphère d’influence naturelle et n’hésite pas à peser ouvertement sur les élections régionales en soutenant ses alliés idéologiques.

La sécurité constitue la préoccupation majeure des électeurs brésiliens, et la lutte contre le crime organisé représente un volet essentiel de la coopération entre Washington et Brasilia. Le ministre brésilien des Finances, Dario Durigan, présent dans la délégation, a souligné mercredi la volonté de son pays d’intensifier la collaboration contre les cartels de la drogue. Un accord avait d’ailleurs été signé en avril entre les deux nations pour combattre le trafic d’armes et de stupéfiants.

Donald Trump a fait de la lutte contre ce qu’il nomme le « narcoterrorisme » une priorité de son second mandat, en qualifiant certains groupes criminels d’organisations terroristes étrangères, ce qui a notamment servi de base à la capture du dirigeant vénézuélien. Pour certains experts, le Brésil cherche à « réduire le risque » de voir Washington classer ses deux principales organisations criminelles comme terroristes. Si les États-Unis considèrent ces groupes comme des entités transnationales sophistiquées à portée régionale, cette approche suscite au Brésil de vives inquiétudes quant à ses implications juridiques, politiques et souveraines.

L’entretien entre les deux présidents devait également aborder l’intérêt américain pour les vastes gisements brésiliens de terres rares, des minéraux essentiels à la fabrication de nombreux produits technologiques. Le Brésil détient les deuxièmes réserves mondiales de ces ressources, derrière la Chine. Par ailleurs, les États-Unis mènent une enquête sur le Brésil pour pratiques commerciales déloyales, cherchant à déterminer si le système de virement bancaire gratuit Pix, lancé en 2020 et qui a révolutionné les paiements dans le pays avec sept milliards de transactions en janvier dernier, nuit à la compétitivité des entreprises américaines.

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