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Le vent tourne pour le transport maritime à la voile : la reprise de Towt officialisée

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L’offre de reprise de la compagnie française Towt, pionnière du fret à la voile placée en redressement judiciaire, a été entérinée jeudi par le tribunal de commerce du Havre. La nouvelle entité, New-Towt, conserve 40 des 45 emplois initiaux et reprend la mer avec une ambition intacte.

Hadrien Buisson, élu CGT de la compagnie, s’est félicité de cette issue favorable, soulignant la satisfaction des équipes quant à la poursuite des activités. La société renaît sous le nom de New-Towt, présidée par Karl Sement, ancien directeur général de Towt qui conserve ses fonctions. Dans un communiqué, ce dernier a affirmé reprendre la navigation avec une équipe soudée et des navires opérationnels, porté par la conviction qu’un transport maritime sobre, fiable et affranchi des énergies fossiles est non seulement réalisable mais aussi souhaitable.

Le nouveau tour de table réunit plusieurs acteurs de poids, notamment Révolution Environnement et Solidaire (groupe Crédit Mutuel), Ceres (groupe Mulliez), le fonds à impact suisse Après Demain et une holding baptisée Kefen. Ces investisseurs injectent immédiatement 6,4 millions d’euros et espèrent atteindre dix millions d’euros grâce à des alliances industrielles.

La flotte de New-Towt comptera six navires, dont les deux voiliers déjà en service et quatre autres en construction. Deux d’entre eux seront livrés en juillet et septembre prochains, tandis que les deux suivants sont attendus pour le printemps 2027. La priorité opérationnelle des prochains mois sera la ligne régulière vers le Brésil, une route qui répond à une demande soutenue des importateurs de café engagés dans la décarbonation de leur chaîne logistique.

Karl Sement a attribué les difficultés de Towt à une dette financière conséquente et à un contexte international perturbé par l’élection de Donald Trump aux États-Unis, qui a généré des incertitudes sur les droits de douane. Il voit néanmoins des vents favorables se lever pour New-Towt, notamment avec l’examen prochain de la loi dite « vélique » à l’Assemblée nationale, qui devrait réduire les charges salariales des marins. La perspective de l’accord du Mercosur et la hausse brutale du prix du pétrole liée aux tensions dans le détroit d’Ormuz pourraient également jouer en sa faveur.

Longs de 81 mètres et capables de transporter 1 090 tonnes de marchandises, les voiliers géants de Towt figurent parmi les plus grands cargos au monde propulsés principalement par l’énergie éolienne. Grâce à la force du vent, la compagnie parvient à réduire de deux tiers les émissions de CO2 du transport maritime.

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