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Économie

Les géants européens du pétrole surfent sur la flambée des cours

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Les résultats trimestriels des compagnies pétrolières et gazières européennes atteignent des sommets, portés par les tensions au Moyen-Orient. Cette manne financière relance les débats sur une taxation des superprofits, de Londres à Paris.

Le groupe Shell a clôturé la saison des annonces financières des grandes entreprises du secteur en dévoilant un bénéfice net de près de 5,7 milliards de dollars, soit une progression de 19% par rapport au premier trimestre 2025. La direction a justifié cette performance par la hausse des prix, l’amélioration des marges de raffinage et une contribution accrue des activités de négoce.

Son concurrent britannique BP avait déjà présenté fin avril un bénéfice en forte hausse, atteignant 3,84 milliards de dollars. TotalEnergies a pour sa part enregistré une progression spectaculaire de 51%, avec un bénéfice net de 5,8 milliards de dollars. À l’inverse, les compagnies américaines ExxonMobil et Chevron ont subi un recul de leurs résultats, pénalisées par des effets de calendrier défavorables liés aux marchés des produits dérivés.

Le conflit armé déclenché fin février contre l’Iran par les États-Unis et Israël a provoqué le blocage du détroit d’Ormuz par Téhéran, entraînant une chute brutale de l’approvisionnement et une flambée des prix. Le baril de Brent, référence mondiale, s’échangeait en moyenne à près de 100 dollars en mars, contre 70 avant les hostilités, avec des pointes à 120 dollars. Cette configuration a particulièrement profité aux compagnies européennes, qui disposent de puissantes activités de négoce, contrairement à leurs rivales américaines davantage dépendantes de leur production.

Ces annonces ont ravivé les appels à taxer les superprofits pétroliers. Au Royaume-Uni, les compagnies opérant en mer du Nord restent soumises à un prélèvement exceptionnel sur les bénéfices énergétiques, fixé à 38% jusqu’en 2030, qui s’ajoute aux 40% de taxes déjà en vigueur. L’envolée des résultats de Shell et BP a relancé les demandes d’augmentation de ces prélèvements, le ministre de l’Énergie Ed Miliband dénonçant des profits excessifs. En France, le président Emmanuel Macron plaide pour une réponse européenne face à d’éventuels bénéfices exceptionnels ou comportements spéculatifs.

Les analystes anticipent de solides performances pour le deuxième trimestre, même si les tensions semblent s’apaiser avec l’hypothèse d’une réouverture du détroit d’Ormuz. Selon plusieurs experts, la persistance du conflit continuera de soutenir les prix, ce qui pourrait encourager de nouveaux projets pétroliers et gaziers. Les entreprises privilégieraient toutefois des projets à bas coût plutôt qu’une expansion massive. BP et Shell ont déjà revu à la baisse plusieurs de leurs objectifs climatiques ces dernières années, tandis que TotalEnergies a récemment indiqué ne plus pouvoir s’engager sur son objectif de neutralité carbone en 2050. Le conflit a néanmoins remis en lumière le rôle des énergies renouvelables dans la sécurité énergétique, une leçon qui n’a échappé à aucune capitale mondiale.

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