Monde
Deux Britanno-Chinois reconnus coupables d’espionnage pour le compte de Pékin
Londres a convoqué l’ambassadeur de Chine après la condamnation de deux hommes pour avoir collaboré avec les services de renseignement chinois et hongkongais, une affaire qui ravive les tensions entre les deux capitales.
La justice britannique a rendu son verdict ce jeudi. Deux ressortissants britanno-chinois ont été déclarés coupables par la cour criminelle de l’Old Bailey, à Londres, pour avoir fourni une assistance aux services de renseignement de la Chine et de Hong Kong. Le gouvernement britannique a immédiatement réagi en convoquant l’ambassadeur chinois, dénonçant une violation de la souveraineté nationale.
Bill Yuen, 65 ans, ancien haut gradé de la police de Hong Kong à la retraite, exerçait au sein du bureau officiel de représentation commerciale du gouvernement hongkongais à Londres. Peter Wai, 38 ans, était quant à lui policier au sein de la City de Londres et travaillait également pour les services britanniques de contrôle aux frontières. Les deux hommes ont été reconnus coupables à l’issue d’un procès de plusieurs mois.
Selon les éléments présentés par l’accusation, Peter Wai agissait sous les ordres de Bill Yuen, qui recevait lui-même ses instructions depuis Hong Kong. Il avait pour mission de collecter des renseignements sur des cibles déterminées, notamment des opposants aux autorités hongkongaises installés au Royaume-Uni, mais aussi sur des personnalités politiques britanniques, parmi lesquelles le député conservateur Iain Duncan Smith, connu pour ses critiques virulentes envers Pékin. Les deux prévenus avaient plaidé non coupable.
Le secrétaire d’État à la Sécurité, Dan Jarvis, a qualifié ces actes d’atteinte à la souveraineté britannique et annoncé la convocation de l’ambassadeur de Chine, Zheng Zeguang, afin de signifier clairement que de telles pratiques étaient et resteraient inacceptables sur le territoire du Royaume-Uni.
Depuis son arrivée au pouvoir en 2024, le gouvernement travailliste a tenté d’apaiser les relations bilatérales avec Pékin, après des années de tensions. Le Premier ministre Keir Starmer s’est rendu en Chine en janvier dernier. Cependant, Londres continue de considérer la Chine comme une menace pour sa sécurité nationale. Les accusations d’espionnage et d’ingérence politique sont récurrentes, et la décision récente d’autoriser la construction d’une immense ambassade chinoise au cœur de la capitale britannique a suscité de vives inquiétudes.
Dans cette affaire, les deux condamnés étaient également accusés d’avoir organisé des opérations de surveillance, notamment à l’encontre d’une femme soupçonnée de fraude à l’égard de son employeur à Hong Kong. Peter Wai a en outre été reconnu coupable d’avoir accédé de manière abusive à des systèmes informatiques du ministère de l’Intérieur. Leur peine sera prononcée lors d’une audience fixée au 15 mai.
Peu après leur arrestation en mai 2024, le gouvernement britannique avait déjà convoqué l’ambassadeur chinois, dénonçant des actions inacceptables. L’ambassade de Chine à Londres avait alors dénoncé des manœuvres politiques antichinoises. Au total, onze personnes avaient été interpellées dans le cadre de cette enquête. L’une d’elles, Matthew Trickett, ancien membre des Royal Marines, avait été retrouvé mort une semaine plus tard dans un bois du Berkshire.
Ces arrestations étaient survenues quelques mois après que les autorités britanniques eurent accusé Pékin d’entretenir des postes de police secrets au Royaume-Uni. Officiellement destinés à offrir des services administratifs, ils étaient soupçonnés de servir à intimider les opposants et les fugitifs économiques. La Chine avait fermement démenti leur existence.
Depuis l’adoption d’une loi très stricte sur la sécurité nationale à Hong Kong à la mi-2020, des dizaines de milliers de personnes, dont des militants pro-démocratie recherchés, se sont installées au Royaume-Uni. La responsable de la police antiterroriste londonienne, Helen Flanagan, a exprimé l’espoir que ces condamnations rassurent ceux qui pourraient craindre d’être la cible d’un État étranger, saluant l’aboutissement d’une enquête d’une complexité exceptionnelle.
En mars dernier, la police antiterroriste de Londres avait déjà arrêté trois hommes, dont le conjoint d’une députée travailliste, soupçonnés d’espionnage au profit de Pékin. En novembre 2025, le service de renseignement intérieur britannique, le MI5, avait alerté les parlementaires sur des tentatives d’espionnage chinois à leur encontre.
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