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Réforme radicale de l’audiovisuel public : le rapport Alloncle veut tailler dans le vif

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Le député UDR Charles Alloncle propose une transformation en profondeur du service public audiovisuel, avec un plan d’économies de plus d’un milliard d’euros et des mesures visant à renforcer la neutralité éditoriale.

Dans les 69 recommandations de son rapport de commission d’enquête, le parlementaire cible en premier lieu France Télévisions. Il préconise la suppression de France 4, chaîne jugée sans audience, et de France TV Slash, deux offres destinées à la jeunesse. Il suggère également la fusion de France 2 et France 5 pour constituer une grande chaîne généraliste, ainsi que le rapprochement de franceinfo et France 24. Ces mesures, selon lui, permettraient de réaliser des économies substantielles, représentant plus du quart des crédits alloués par l’État à l’audiovisuel public.

Le réseau local n’est pas épargné. Charles Alloncle propose la fusion des stations de télévision France 3 Régions et de radio ICI, ex-France Bleu, une opération qui dégagerait 138 millions d’euros. La direction de Radio France conteste toutefois ce chiffre, estimant qu’une telle fusion entraînerait des surcoûts initiaux.

Le rapport s’attaque également aux programmes jugés trop coûteux. Le député souhaite réduire de trois quarts le budget alloué aux jeux télévisés, comme « N’oubliez pas les paroles » ou « Tout le monde veut prendre sa place », ce qui libérerait 122 millions d’euros. Il propose aussi de diminuer d’un tiers les dépenses sportives, en ciblant notamment les compétitions d’e-sport, sans remettre en cause les grands événements comme les Jeux Olympiques ou le Tour de France.

Sur le plan éditorial, Charles Alloncle entend imposer un devoir de réserve aux salariés de l’audiovisuel public, comparable à celui des magistrats et des enseignants. Un engagement de neutralité et d’impartialité serait inscrit dans leurs contrats. Les figures de premier plan seraient soumises à des obligations renforcées, une mesure qui fait écho aux échanges tendus lors des auditions avec des personnalités comme Hugo Clément ou Nagui.

Le rapport propose également un retour à la nomination des dirigeants de l’audiovisuel public par le président de la République, après avis des commissions parlementaires et avis conforme de l’Arcom. Charles Alloncle estime que l’abandon de ce système sous François Hollande n’a pas mis fin aux soupçons d’interférences politiques. Cette proposition suscite des critiques, notamment de la part de Reporters sans frontières, qui y voit une contradiction avec l’objectif d’indépendance.

Enfin, le député souhaite mettre fin au système des animateurs-producteurs, en interdisant aux salariés de l’audiovisuel public de diriger une société de production. Cette pratique, qui avait déjà provoqué des scandales par le passé, a été examinée lors des auditions de Léa Salamé, Nagui ou encore Samuel Etienne. Le président de la commission d’enquête, Jérémie Patrier-Leitus, propose quant à lui de limiter le cumul d’activités pour les figures emblématiques du service public.

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