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Le président taïwanais réaffirme la liberté diplomatique de son île après une visite mouvementée en Afrique

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De retour d’Eswatini, Lai Ching-te a revendiqué le droit de son territoire à nouer des relations internationales, malgré les pressions exercées par Pékin.

Le chef de l’État taïwanais, Lai Ching-te, a fermement défendu mardi à son arrivée à Taipei la légitimité de son île à tisser des liens avec la communauté internationale. « Les Taïwanais sont des citoyens du monde et ils ont le droit d’établir des connexions avec l’étranger », a-t-il déclaré devant la presse, à sa descente d’avion. Ce déplacement en Eswatini, unique partenaire africain de Taïwan, avait été initialement repoussé en raison de ce que les autorités taïwanaises ont qualifié de « fortes pressions » de la part de la Chine.

Accompagné de la vice-Première ministre d’Eswatini, Thulisile Dladla, qui a fait le voyage retour avec lui, M. Lai a souligné le caractère ordinaire de ces visites réciproques entre chefs d’État. « Elles devraient être la chose la plus normale au monde, comme lorsque l’on rend visite à des amis. C’est un droit fondamental pour chaque nation », a-t-il insisté, ajoutant que son administration ne céderait pas à l’intimidation.

Le président s’est rendu samedi dans ce petit royaume enclavé d’environ un million d’habitants, pour assister aux célébrations du 40e anniversaire de l’accession au trône du roi Mswati III, ainsi qu’à son 58e anniversaire. Le voyage initial, prévu du 22 au 26 avril, avait été annulé après que Maurice et Madagascar eurent révoqué les autorisations de vol de l’appareil présidentiel taïwanais, une décision attribuée par Taipei aux manœuvres diplomatiques de Pékin.

La Chine, qui considère Taïwan comme une province rébellion et s’oppose à toute reconnaissance officielle de l’île, a vivement critiqué cette visite. Le ministère chinois des Affaires étrangères a qualifié samedi le déplacement de Lai Ching-te de « parodie d’évasion digne d’un passager clandestin », le présentant comme la risée de la communauté internationale. Les États-Unis ont pour leur part dénoncé une « campagne d’intimidation » de la part de Pékin, une accusation que la Chine a rejetée, la jugeant infondée.

L’Eswatini, ancien Swaziland, est la dernière monarchie absolue du continent africain. Dirigé par le roi Mswati III depuis 1986, le pays est régulièrement critiqué pour le train de vie fastueux de son souverain et pour des atteintes aux droits humains. Depuis le 1er mai, la Chine a instauré une politique de « zéro tarif douanier » pour l’ensemble des nations africaines, à l’exception de l’Eswatini, qui demeure exclu de cette mesure annoncée l’année précédente.

Ce déplacement constitue le premier voyage à l’étranger de Lai Ching-te depuis novembre 2024, date à laquelle il s’était rendu chez les alliés de Taïwan dans le Pacifique, avec une escale technique sur le territoire américain de Guam.

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