Culture
Prada réinvente l’élégance masculine face à l’incertitude du monde


En présentant sa collection automne-hiver, la maison italienne a opté pour une esthétique de clarté et de réinterprétation des codes classiques, dans un décor architectural dépouillé.
Le défilé Prada s’est tenu au cœur de la Fondation éponyme, dans une scénographie évoquant les vestiges d’un palais ancien. Les silhouettes, longilignes et structurées, étaient habillées de longs manteaux épousant la forme du corps, surmontés de capelines aux couleurs vives. Ces accessoires, déclinés en rouge, jaune ou mauve, apportaient une touche d’audace à des trenchs classiques, évoquant une forme de protection face aux éléments extérieurs.
L’esprit de la collection reposait sur une réévaluation des fondamentaux vestimentaires. Les chemises, de coupe traditionnelle, se distinguaient par leurs manches portées en évidence sous les vestes, agrémentées de boutons de manchettes colorés. Un détail notable résidait dans la présence de porte-documents, parfois doubles, laissés avec désinvolture dans les poches arrière des pantalons, rappelant l’importance de la maroquinerie dans l’économie de la maison.
La démarche créative fut explicitée comme une réponse au caractère imprévisible de l’époque contemporaine. Il s’agissait de rechercher la beauté à travers la précision et la reconsidération d’éléments familiers. L’objectif affiché était de transformer le langage formel de pièces iconiques pour aboutir à une silhouette nouvelle, tout en conservant une essence reconnaissable.
Non loin de là, dans le quartier de Corvetto, l’univers contrastait fortement. La créatrice Emma Rowen Rose avait investi une ancienne église au sol recouvert de sable, s’inspirant d’une œuvre picturale de Salvador Dalí évoquant le désert. À la lueur des bougies, des structures en crinoline, parfois transparentes et rigidifiées par des épaulettes caractéristiques, dessinaient des silhouettes évoquant des figures mythologiques.
La styliste a poursuivi l’exploration des cuirs plissés, introduits précédemment, en les ornant cette saison de motifs géométriques et de teintes sable. Ces choix esthétiques puisaient leur inspiration dans les paysages minéraux de Wadi Rum, en Jordanie, transposant une inspiration artistique en un vocabulaire vestimentaire sculptural et onirique.





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