Faits Divers
Porte-à-porte électoral à Paris : le parquet enquête sur une possible atteinte à la vie privée
_**Une opération de tractage menée par l’équipe du candidat Emmanuel Grégoire dans un immeuble social du VIIᵉ arrondissement a conduit à l’ouverture d’une enquête préliminaire. L’affaire oppose les camps de la gauche unie et de Rachida Dati à quelques mois des municipales.**_
Le parquet de Paris a été saisi d’une plainte pour atteinte à l’intimité de la vie privée suite à deux visites de militants dans une résidence de logements sociaux de l’îlot Saint-Germain. Ces interventions, survenues les 10 et 30 janvier dernier, étaient conduites par des collaborateurs d’Emmanuel Grégoire, tête de liste d’une union de la gauche pour les élections municipales de 2026.
À la suite de signalements évoquant la présence de personnes distribuant des tracts dans les parties communes, les services de police ont sollicité la Régie immobilière de la Ville de Paris, gestionnaire des lieux. Ils ont demandé la communication des enregistrements des caméras de surveillance du hall d’entrée. Cette requête a finalement été annulée dans l’après-midi du 5 février, selon des informations concordantes.
L’entourage de Rachida Dati, candidate investie par Les Républicains, a immédiatement pris ses distances avec cette démarche. Sa porte-parole, Nelly Garnier, a affirmé que l’appel aux forces de l’ordre émanait directement de résidents de l’ensemble immobilier, et non de la mairie d’arrondissement. Du côté de la gauche unie, on dénonce une instrumentalisation d’une pratique militante ordinaire. Le sénateur communiste Ian Brossat, présent lors de l’une des opérations de tractage, a jugé disproportionnée la mise en œuvre d’une procédure judiciaire pour de tels faits.
Cette affaire survient dans un contexte de campagne déjà tendu, où chaque initiative sur le terrain fait l’objet d’une vigilance accrue. Elle illustre les sensibilités qui entourent les actions de proximité en période pré-électorale, particulièrement dans des immeubles relevant du patrimoine social municipal. L’enquête préliminaire, confiée à la brigade de répression de la délinquance contre la personne, déterminera si les conditions d’accès aux locaux ont ou non enfreint le droit au respect de la vie privée des occupants.
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