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Pete Hegseth en vedette au sommet de défense asiatique, la Chine brille par son absence

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Le secrétaire américain à la Défense occupe le devant de la scène au Dialogue de Shangri-La, tandis que Pékin délègue une représentation de second rang, suscitant des interrogations sur ses intentions stratégiques.

Le chef du Pentagone, Pete Hegseth, s’impose comme la figure centrale du principal forum de défense de la région Asie-Pacifique qui s’ouvre vendredi à Singapour. Aucun haut responsable chinois n’a fait le déplacement, laissant Washington dicter les échanges sur des sujets aussi sensibles que Taïwan et l’Iran. Pour la deuxième année consécutive, Pékin n’a pas envoyé son ministre de la Défense, Dong Jun, à ce rendez-vous qui réunit chefs militaires et experts d’une quarantaine de pays.

Les analystes voient dans cette absence un signe de la confiance croissante de la Chine, qui ne juge plus nécessaire de dépêcher ses plus hauts responsables pour se faire entendre. Le Dialogue de Shangri-La offre pourtant un cadre propice aux échanges, avec ses discours publics et ses rencontres en coulisses dans un hôtel de luxe. Mais aucune discussion bilatérale n’aura lieu entre Dong Jun et Pete Hegseth, alors que les deux hommes auraient eu matière à aborder des dossiers brûlants, de la guerre américaine contre l’Iran à la question de Taïwan, où Pékin met régulièrement en garde contre toute ingérence.

Cette absence survient deux semaines après une visite d’État de Donald Trump en Chine, au cours de laquelle les ventes d’armes américaines à Taïwan ont été évoquées. Pour certains observateurs, le discours de Pete Hegseth samedi devrait se montrer particulièrement ferme à l’égard de Pékin. Un chercheur de l’Institut des affaires internationales de Singapour estime que l’administration Trump considère Taïwan comme un levier de négociation, capable d’être utilisé pour obtenir des concessions sur d’autres dossiers.

La Chine avait envoyé Dong Jun au même forum en 2024, où il avait rencontré son homologue américain de l’époque. Mais l’an dernier déjà, Pékin avait choisi de ne pas dépêcher son ministre, semblant vouloir éviter tout dialogue direct avec Pete Hegseth. Cette année, la délégation chinoise est conduite par le général de division Meng Xiangqing, accompagné d’experts de l’Université de la Défense nationale, de l’Académie des sciences militaires et de la Marine.

Pour un spécialiste du Lowy Institute, les raisons de cette absence sont évidentes. La Chine, désormais puissance régionale affirmée, n’a plus besoin d’exposer son ministre de la Défense à un flot de questions pour chercher à se faire bien voir. Mais cette stratégie présente un revers. Pékin n’aura personne de haut rang pour contrer les critiques américaines sur Taïwan ou la mer de Chine méridionale. Alors que l’image du leadership américain s’érode, la Chine aurait pu profiter du forum pour apaiser les tensions régionales et rappeler sa position, à savoir que l’option militaire contre Taïwan ne serait utilisée qu’en dernier recours.

Les États-Unis entendent également imposer leur tempo avec une rencontre entre les ministres de la Défense américain, britannique et australien en marge du forum. Ces trois pays sont membres de l’accord de coopération militaire Aukus, officiellement destiné à renforcer la stabilité en Asie-Pacifique, mais que Pékin perçoit comme une tentative de freiner son essor. Le ministre australien de la Défense a d’ailleurs lancé une première charge contre la Chine, affirmant que Pékin avait considérablement renforcé son armée sans fournir les garanties stratégiques escomptées.

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