Monde
Pedro Sánchez campe sur ses positions en défendant Zapatero
Le chef du gouvernement espagnol réaffirme son soutien à son prédécesseur inculpé pour trafic d’influence, alors que la pression judiciaire s’accentue sur le Parti socialiste.
Le Premier ministre espagnol a renouvelé mercredi son appui à José Luis Rodríguez Zapatero, ancien chef de l’exécutif désormais mis en examen pour trafic d’influence. Cette déclaration intervient après la divulgation en début de semaine d’éléments supplémentaires issus de l’instruction en cours. Interrogé lors de sa première conférence de presse depuis l’inculpation, Pedro Sánchez a estimé qu’aucun motif ne justifiait un changement d’attitude, confirmant la ligne déjà exprimée devant les députés la semaine précédente. Il a également promis une coopération totale de son parti avec la justice tout en appelant au respect de la présomption d’innocence.
L’affaire concerne le sauvetage d’une petite compagnie aérienne durant la pandémie de Covid-19. José Luis Rodríguez Zapatero, qui a dirigé l’Espagne de 2004 à 2011, conteste les accusations portées contre lui. Parmi les révélations récentes de l’enquête, la découverte lors d’une perquisition d’un coffre-fort lui appartenant a retenu l’attention. De nombreux bijoux et montres de luxe y ont été trouvés, dont la valeur n’a pas été précisée. Son entourage a expliqué ces objets par des héritages familiaux.
Dans un climat politique tendu, Pedro Sánchez a écarté toute idée d’élections législatives anticipées. Il a mis en avant la nécessité de stabilité pour les citoyens et souligné les progrès sociaux et économiques accomplis par son gouvernement. Le même jour, des agents de la Garde civile ont investi le siège du Parti socialiste ouvrier espagnol dans le cadre d’une autre enquête visant une ancienne militante. Le Premier ministre a réaffirmé que sa formation respectait la justice et collaborait pleinement avec elle, précisant que tout comportement irrégulier serait traité avec fermeté.
Cette affaire s’ajoute à plusieurs dossiers judiciaires impliquant des proches de Pedro Sánchez. Le procès de son frère David pour trafic d’influence doit s’ouvrir jeudi. Son épouse Begoña Gómez fait l’objet d’une enquête pour corruption et pourrait être jugée prochainement. L’ancien ministre des Transports José Luis Abalos, jadis bras droit du Premier ministre, attend également son jugement dans une autre procédure pour corruption. Face à cette situation, le chef du Parti populaire Alberto Núñez Feijóo a dénoncé ce qu’il qualifie d’agonie du parti au pouvoir.
Pedro Sánchez s’est entretenu mercredi matin avec le pape Léon XIV au Vatican. Il a décrit cet échange comme précieux et s’est félicité d’une convergence de vues sur des sujets tels que la paix, le droit international et l’accueil des migrants. Le souverain pontife doit se rendre en Espagne du 6 au 12 juin prochain.
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