Société
Olivier Faure, entre terrain municipal et horizon présidentiel
Le premier secrétaire du Parti socialiste mène une double bataille. Il s’engage dans les municipales pour contrer l’extrême droite tout en tentant d’imposer au sein de sa famille politique l’idée d’une primaire en vue de 2027, une initiative qui divise.
Mobilisé sur le terrain électoral, Olivier Faure multiplie les déplacements pour soutenir les candidats de gauche aux prochaines échéances municipales. Lors d’un meeting à Avignon, il a appelé les électeurs à constituer un « rempart » face à la poussée du Rassemblement national, particulièrement implanté dans la région. Son discours a insisté sur les valeurs républicaines, évoquant notamment la nécessité pour chaque enfant, quelle que soit son origine, de se sentir pleinement chez lui dans la cité des papes.
Cette lutte locale s’inscrit dans une perspective plus large, celle de la prochaine élection présidentielle. Le dirigeant socialiste plaide avec constance pour l’organisation d’une consultation primaire, qu’il présente comme le seul moyen de rassembler une gauche non alignée sur La France insoumise et de faire face à un extrême droit crédité de scores élevés. Un tel processus, dont le principe a été acté avec certains partenaires comme les Écologistes et des figures issues de LFI, est toutefois loin de faire l’unanimité.
En interne, plusieurs poids lourds du PS expriment leur réticence ou leur opposition franche. L’ancien président François Hollande, le chef des députés Boris Vallaud ou encore le député Jérôme Guedj, déjà candidat déclaré, préféreraient d’autres scénarios. À l’extérieur, Raphaël Glucksmann, en tête des intentions de vote à gauche, décline pour l’instant d’y participer. Des critiques pointent le risque d’une surenchère idéologique et estiment que le Parti socialiste, potentiellement renforcé après les municipales, pourrait imposer plus directement son leadership sans passer par une compétition ouverte.
Face à ces résistances, Olivier Faure maintient sa ligne. Il affirme être ouvert à toute alternative crédible permettant de désigner un candidat unique, mais juge un mécanisme accepté par tous indispensable pour éviter de « jouer à la roulette russe ». Conscient des écueils, il prône une primaire qui ne dégénérerait pas en campagne permanente, afin d’éviter toute prime à la radicalisation. La décision finale reviendra aux militants socialistes, qui se prononceront après le scrutin municipal. Un récent sondage indique qu’une large majorité des sympathisants y serait favorable.
Si l’homme, récemment distingué comme « député de l’année », nourrit des ambitions pour la présidentielle, il ne s’est pas encore porté candidat. Sa faible visibilité dans les enquêtes d’opinion, autour de cinq pour cent des intentions de vote, contraste avec sa forte exposition médiatique et sa longévité à la tête d’un parti traversé de divisions. Les municipales lui offrent un espace pour consolider sa position et laisser mûrir le débat, tout en maintenant une présence active sur le terrain. Pour ses soutiens, sa résilience face aux tempêtes internes reste son principal atout.
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