Société
Moscou resserre l’étau sur Telegram
Le régulateur russe des télécommunications annonce des mesures de restriction contre l’application de messagerie, invoquant son manque de coopération dans la lutte contre les activités illicites.
Les autorités russes ont fait savoir qu’elles allaient instaurer des limitations graduelles sur le fonctionnement de Telegram. Le régulateur du secteur, le Roskomnadzor, justifie cette décision par le non-respect de la législation nationale par la plateforme. Selon l’agence, l’application ne prendrait pas les dispositions suffisantes pour empêcher son utilisation à des fins frauduleuses ou liées à des activités terroristes.
Cette annonce intervient dans un contexte de contrôle accru des communications en ligne par Moscou. Telegram, fondé par l’entrepreneur Pavel Dourov, est l’un des services de messagerie les plus utilisés dans le pays, aux côtés de WhatsApp. Ce dernier fait déjà l’objet de blocages substantiels depuis le début de l’année pour des motifs similaires.
Le Roskomnadzor a précisé qu’aucune action concrète n’avait été engagée par la messagerie pour lutter contre les infractions. Les restrictions progressives visent donc, selon le communiqué officiel, à garantir l’application de la loi et la protection des citoyens. L’été dernier, la possibilité de passer des appels via Telegram et WhatsApp avait déjà été supprimée sur le territoire russe.
Cette démarche s’inscrit dans une série de mesures adoptées ces dernières années pour encadrer l’espace numérique. Les autorités dénoncent régulièrement l’exploitation de ces canaux par des services étrangers, notamment ukrainiens, pour recruter des individus en vue d’actes de sabotage. Parallèlement, la législation russe a été durcie, avec l’interdiction récente de promouvoir les réseaux privés virtuels (VPN) et la pénalisation des recherches en ligne liées à des contenus qualifiés d’extrémistes.
Plusieurs grandes plateformes internationales, dont YouTube, Facebook et Instagram, sont désormais inaccessibles sans outils de contournement, reflétant une politique de souveraineté numérique de plus en plus restrictive.
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