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Matthieu Pigasse se verrait bien en sauveur de la gauche radicale

L’homme d’affaires et patron de presse annonce qu’il est « prêt » à incarner une alternative. Il veut en finir avec la social-démocratie et propose une…

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Matthieu Pigasse se verrait bien en sauveur de la gauche radicale

L’homme d’affaires et patron de presse annonce qu’il est « prêt » à incarner une alternative. Il veut en finir avec la social-démocratie et propose une hausse de 20% du Smic.

Matthieu Pigasse ne cache plus ses ambitions. Dans un entretien à l’AFP, le banquier d’affaires de 58 ans explique qu’il se sent prêt à être « la solution » pour une gauche en quête de renouveau. Son constat est sans appel. La social-démocratie, celle qu’il a connue en travaillant avec Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius sous le gouvernement Jospin, ne répond plus aux attentes. Il faut une « gauche radicale de gouvernement » avec un projet crédible de transformation profonde du pays.

Concrètement, cela passerait par une augmentation immédiate du Smic de 20%. Le salaire minimum atteindrait 1773 euros net, un niveau plus élevé que ce que propose La France insoumise. Pigasse veut aussi rompre avec la « politique de l’offre » menée depuis dix ans. Il cite en exemple l’héritage de Lionel Jospin, la Couverture maladie universelle et les 35 heures, tout en rappelant que cette période a combiné réformes sociales et bonne gestion des finances publiques. À la tête de Radio Nova et de plusieurs festivals comme Rock-en-Seine ou les Eurockéennes, il mène déjà selon lui une « bataille culturelle » contre l’extrême droite.

Mais ce candidat potentiel prend soin de se démarquer de Jean-Luc Mélenchon. Il se dit européen convaincu, refuse de sortir du nucléaire et place la sécurité au rang des valeurs de gauche. Pour lui, le libéralisme crée de l’insécurité économique et physique. Sa mission serait de protéger les plus vulnérables, notamment en rétablissant la police de proximité. Ce positionnement pourrait-il séduire l’électorat de gauche malgré son profil de multimillionnaire ? Pigasse balaie la critique. Il assure avoir tout construit seul sans héritage et défend une cohérence entre ses valeurs et ses expériences professionnelles, de la restructuration de la dette argentine à celle du Venezuela.

Pour l’instant, pas d’association de financement ni de campagne officielle. Il dit travailler avec une équipe mais se présente davantage comme un « recours ». Son entourage le décrit comme un rassembleur lucide sur le traumatisme de 2002, quand Lionel Jospin avait été éliminé dès le premier tour. Pigasse estime que le Parti socialiste a un rôle moteur à jouer, mais critique la ligne trop centriste de Raphaël Glucksmann. La gauche peut gagner, insiste-t-il, à condition qu’elle le veuille vraiment.

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