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Quatorze ans requis pour un patriarche accusé d’avoir régné par la peur sur ses trois compagnes et ses enfants

Pendant vingt ans, Jérôme P. aurait verrouillé la vie de ses proches par la violence, la surveillance et l’emprise. Une avocate générale a requis quatorze…

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Quatorze ans requis pour un patriarche accusé d'avoir régné par la peur sur ses trois compagnes et ses enfants

Pendant vingt ans, Jérôme P. aurait verrouillé la vie de ses proches par la violence, la surveillance et l’emprise. Une avocate générale a requis quatorze ans de réclusion, décrivant un système de contrôle poussé à l’extrême.

Jérôme P., 45 ans, n’a jamais reconnu les viols ni les violences qui lui sont reprochés. Devant la cour criminelle du Pas-de-Calais, il a seulement admis quelques gifles et fessées. De l’avis de l’avocate générale, ces aveux minuscules ne pèsent pas lourd face à ce qu’elle appelle un « système » de manipulation et de dissimulation. Pour elle, le doute n’est pas permis. Elle a dépeint un homme qui géolocalisait ses compagnes et ses enfants quand ils sortaient, qui filmait en continu le salon, la cuisine et une chambre avec trois caméras. Une compagne, Jennifer C., lui reproche des rapports imposés sous la menace d’une violence psychologique constante. « Elle ne pouvait pas dire non », a insisté l’avocate. « Pas capable de dire oui, pas capable de dire non. »

Le procès a dévoilé les rouages d’un clan où la domination masculine était la règle. Les témoignages ont parlé d’une « secte » : l’ex-compagne d’un frère de l’accusé, mis en examen pour viol et proxénétisme, a lancé cette formule crue. Une nièce a évoqué un « passif d’actes incestueux répétés » dans la famille P. Un frère s’est suicidé en détention provisoire en 2024, mis en examen pour viols incestueux. Un autre encore a été accusé de viols par la fille aînée de Jérôme P. « Toutes les femmes qui ont approché le clan P. sont des survivantes », a martelé l’avocate des parties civiles. La fille aînée, elle, a raconté les deux facettes de son père : un homme aimant, capable de l’emmener acheter le dernier iPhone après l’avoir frappée jusqu’à la faire perdre connaissance.

L’audience a aussi été marquée par les larmes et la douleur. Jennifer C. a dû décrire des scènes d’une violence intime extrême, notamment des rapports imposés avec le chien de la famille. Mais l’amour n’a pas disparu. Ses deux filles aînées disent encore aimer leur père malgré les coups. Quant à son fils de 16 ans, placé chez ses grands-parents paternels, il est devenu un « mini-Jérôme », selon l’avocate générale. « Un dégât collatéral encore en cours », a regretté Me Fabienne Roy-Nansion, avocate des parties civiles. Elle a glissé à Jennifer C. : « Il reviendra, votre fils. » La mère a murmuré « j’espère » en essuyant ses larmes. Le verdict est attendu dans les jours à venir.

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