Europe
Un bouquet de fleurs pour les morts de l’Atlantique
Le pape Léon XIV a lancé des fleurs à la mer depuis les Canaries, symbole des milliers de migrants disparus. Il a dénoncé l’indifférence du monde et les…


Le pape Léon XIV a lancé des fleurs à la mer depuis les Canaries, symbole des milliers de migrants disparus. Il a dénoncé l’indifférence du monde et les mafias qui exploitent le désespoir.
Au port d’Arguineguín, le pape a choisi un lieu chargé d’histoire. C’est là que pendant la pandémie, plus de 3 000 migrants avaient été entassés dans des conditions indignes. Devant la mer, il a lancé un bouquet de fleurs en hommage à tous ceux qui ont péri en tentant de rejoindre l’archipel. Un geste simple et fort. Selon les données officielles, 1 172 personnes sont mortes ou ont disparu sur cette route en 2025. Et près de 18 000 autres sont arrivées l’an dernier sur des embarcations de fortune, même si ce chiffre reste bien en dessous des 50 000 entrées irrégulières enregistrées en 2024.
Le souverain pontife a écouté le récit bouleversant d’une Nigériane victime de traite humaine. Elle raconte avoir choisi entre mourir en essayant ou rester sans rien. Pendant le voyage, elle est tombée enceinte d’un homme de la mafia. À son arrivée en Espagne, on lui a enlevé son bébé pour la forcer à se prostituer. Face à cette réalité, le pape a fustigé les monstres qui rôdent sur ces mers. Des mafias qui font commerce du désespoir, des trafiquants qui réduisent des femmes et des enfants en esclavage. Il a aussi interpellé l’Europe, incapable selon lui de proclamer la dignité humaine tout en laissant la Méditerranée et l’Atlantique devenir des cimetières sans pierres tombales.
Ce message politique s’inscrit dans un contexte de durcissement des politiques migratoires dans de nombreux pays. L’Espagne fait figure d’exception avec des mesures plus libérales. Le pape, né aux États-Unis et ayant vécu au Pérou, a appelé à des processus sérieux d’accueil et d’intégration. Il a rappelé un droit fondamental s’il existe un droit de chercher refuge quand la vie est menacée, il existe aussi le droit de ne pas avoir à migrer. Une jeune Gambienne de 16 ans, arrivée en novembre, témoigne de sa reconnaissance pour l’accueil reçu aux Canaries. Elle veut apprendre l’espagnol, obtenir ses papiers, travailler pour aider sa famille restée au pays.
La visite du pape aux Canaries s’achèvera vendredi à Tenerife. Il doit se rendre dans un centre pour migrants avant de célébrer une messe en plein air sur le port de Santa Cruz. Un voyage commencé à Madrid et Barcelone, marqué par un plaidoyer constant pour la dignité des plus vulnérables.
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