Politique
Evian se prépare au G7 sous un dispositif de sécurité colossal
Vingt ans après les émeutes du G8, la France et la Suisse déploient un dispositif de sécurité massif pour le G7 à Evian. Entre menace terroriste et…


Vingt ans après les émeutes du G8, la France et la Suisse déploient un dispositif de sécurité massif pour le G7 à Evian. Entre menace terroriste et crainte de débordements, les autorités veulent éviter un nouveau fiasco.
Ce week-end, la petite ville d’Evian, posée au bord du Léman, s’apprête à accueillir le G7. Un sommet qui fait ressurgir un souvenir douloureux celui du G8 de 2003. À l’époque, des dizaines de milliers de manifestants altermondialistes avaient envahi la région. Des groupes violents avaient semé le chaos à Genève et Lausanne, avec des émeutes, des pillages et des affrontements. Les dégâts s’étaient chiffrés entre 5 et 6 millions de francs suisses. Ce traumatisme est encore bien présent. Pour ne pas revivre ce scénario, les autorités françaises et suisses ont mis les bouchées doubles.
Côté français, près de 16 000 policiers, gendarmes, militaires, pompiers et garde-frontières sont mobilisés. Ils patrouilleront à pied, à moto, à cheval, en bateau ou avec des drones. Des équipes cynophiles sont aussi déployées. La préfète de Haute-Savoie, Emmanuelle Dubée, évoque plusieurs menaces à gérer le terrorisme, toujours très présent en France, les sabotages, les cyberattaques, et bien sûr les troubles à l’ordre public. Pour le volet aérien, environ 300 militaires de l’Armée de l’Air et de l’Espace vont créer une bulle de protection. Des avions, des radars et des systèmes anti-drones français et suisses surveilleront le ciel des deux côtés de la frontière. Le gouvernement suisse a lui aussi engagé environ 4 000 soldats sur terre, sur le lac et dans les airs, en coordination avec l’armée française.
Pour les riverains, ce déploiement se vit au quotidien. Les routes sont coupées, les postes-frontières fermés, les contrôles renforcés. Le droit de manifester est très encadré. À Genève, les commerçants ont barricadé leurs vitrines avec des plaques de bois, même dans les quartiers éloignés du parcours prévu pour la manifestation de dimanche, organisée par la coalition No G7. Le parcours a été modifié après des négociations tendues avec les autorités genevoises. Françoise Nyffeler, membre du collectif, admet avoir beaucoup cédé face aux autorités pour arriver à un accord. Si les organisateurs assurent vouloir des actions pacifiques, la peur d’une infiltration de radicaux reste vive. Carole Anne Kast, ministre genevoise de la sécurité, se veut rassurante Genève sait gérer des manifestations chaque semaine. Le président de la Confédération, Guy Parmelin, rappelle que la configuration n’est plus la même qu’en 2003 avec bien plus de forces de sécurité. Mais il concède qu’on n’est jamais à l’abri d’un imprévu. Une façon de dire que cette fois, tout est fait pour que le cauchemar ne se répète pas.
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