Culture
Marek Halter, à l’aube de ses 90 ans, publie un roman et perpétue son engagement pour le dialogue


L’écrivain et militant présente son trente-neuvième ouvrage, « Le Juif », tout en réaffirmant avec une conviction intacte la nécessité du dialogue pour surmonter les divisions.
Marek Halter s’apprête à célébrer son nonantième anniversaire. Depuis son domicile parisien du Marais, où il vit depuis soixante ans, l’auteur affiche une énergie et une fécondité littéraire qui défient le temps. Il annonce la paraison prochaine de son quarantième livre, tout en défendant avec une certaine fierté son dernier roman en date. Pour lui, cet anniversaire représente une étape, certainement pas un aboutissement.
Son nouvel ouvrage, intitulé « Le Juif », se présente comme une parabole moderne. Il raconte le parcours de Jean-David Dupuis, un homme que la circonstance d’une circoncision médicale durant l’enfance conduit à être perçu comme juif par son entourage. Malgré ses dénégations, cette étiquette lui est collée et finit par modeler son existence. Le récit explore cette quête d’identité imposée de l’extérieur, la transformant en une réflexion sur la perception et le préjugé. L’intrigue, ancrée dans une trame réaliste, s’enrichit d’une dimension d’espionnage située dans le contexte des tensions au Moyen-Orient.
À travers cette fiction, Marek Halter aborde la résurgence des préjugés antisémites dans les périodes de crise sociale ou politique, phénomène qu’il analyse comme une recherche de boucs émissaires. Cette thématique résonne avec l’un de ses combats de longue date. Né en Pologne et devenu français, il a cofondé SOS Racisme et consacré une partie importante de son œuvre à retracer l’histoire du peuple juif. Il se définit comme un passeur de dialogue, capable de s’adresser à tous, une posture qu’il illustre par ses récentes rencontres au plus haut niveau de l’État en compagnie de figures du dialogue interreligieux.
Son engagement ne se limite pas à la plume. Il milite avec constance pour une résolution pacifique des conflits, en particulier celui qui oppose Israël à ses voisins. Pour lui, le principe de discuter avec son adversaire reste fondamental. Cette conviction optimiste est incarnée dans son appartement, où le mot « paix » est inscrit sur les murs en cinquante-quatre langues différentes, symbole tangible d’un idéal qu’il continue de servir, livre après livre, année après année.





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