Société
Maghla, de l’écran à la lumière
Cette créatrice de contenu française a su transformer son univers numérique en une plateforme d’expression et d’émancipation, tout en s’imposant comme une voix majeure contre les discriminations de genre.
Barbara, connue sous le pseudonyme Maghla, a bâti une présence en ligne singulière qui transcende les frontières du divertissement numérique. Avec plusieurs millions d’abonnés sur ses différentes plateformes, elle allie avec aisance des domaines aussi variés que la mode, les jeux vidéo et les échanges intimistes avec son public. Son approche reflète, selon ses termes, une authentique extension de sa personnalité multidimensionnelle.
C’est par les jeux vidéo, passion transmise par son père, que cette femme de 31 ans a fait ses premiers pas dans le streaming en 2017. À l’époque, Twitch représentait pour elle un espace confidentiel où partager ses centres d’intérêt tout en apprivoisant sa propre timidité. Elle décrit cette période comme une forme de cocon numérique, un lieu où elle a progressivement trouvé sa place.
Aujourd’hui suivie par plus d’un million de personnes sur Twitch, elle occupe la première place parmi les streamers femmes en France. Cette notoriété s’est toutefois construite dans un contexte marqué par des comportements inappropriés et des remarques déplacées. La créatrice évoque des insultes liées à son apparence, des montages photographiques dégradants et d’autres formes de harcèlement qui l’ont conduite à modifier sa manière de se présenter à l’écran.
Face à ces difficultés, elle a choisi la voie judiciaire, obtenant en 2022 la condamnation à une peine de prison d’un de ses harceleurs. Quelques mois plus tard, son témoignage public sur la sexualisation constante subie par les femmes dans l’espace numérique a provoqué une vague de réactions similaires parmi ses consœurs.
Son activité s’est depuis diversifiée vers YouTube, plateforme où elle dit trouver une distance salutaire avec les commentaires instantanés. Entourée d’une équipe d’une dizaine de personnes, elle développe désormais des formats ambitieux mêlant podcasts filmés et concepts s’apparentant aux jeux télévisés. Ces productions sont financées par des partenariats avec des marques et les revenus publicitaires.
Parallèlement à son travail de création, Maghla participe à des projets d’envergure aux côtés de figures majeures de l’internet français, partageant la même agence artistique que le créateur Squeezie. Elle insiste sur l’importance pour les femmes d’occuper l’espace numérique et de faire preuve de sororité, tout en soulignant la nécessité d’une meilleure parité dans les contenus en ligne.
Récemment, elle a déposé deux nouvelles plaintes pour harcèlement, tout en se disant optimiste quant à l’évolution des mentalités. Son influence dépasse désormais les frontières du numérique, avec des apparitions dans des défilés pour L’Oréal et dans la série Bref 2. Elle nourrit l’ambition de poursuivre son parcours au cinéma, affirmant incarner aujourd’hui pleinement sa véritable personnalité. « Je représente sur internet la grande sœur que j’aurais aimé avoir », confie-t-elle, évoquant son adolescence.
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