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Lyon, une ville verte qui résiste, une métropole qui bascule

Le maire écologiste Grégory Doucet conserve de justesse la mairie centrale face à Jean-Michel Aulas, tandis que la droite et le centre reprennent la main sur l’institution métropolitaine, clé du pouvoir territorial.
La capitale des Gaules a vécu une soirée électorale aux résultats contrastés. Le maire sortant écologiste, Grégory Doucet, a été reconduit à la tête de la municipalité après un second tour d’une extrême tension. Sa coalition, élargie à La France insoumise entre les deux tours, l’a emporté avec une avance inférieure à trois mille voix sur la liste portée par l’ancien président de l’Olympique Lyonnais, Jean-Michel Aulas. Ce dernier, qui fêtait son anniversaire le jour du scrutin, a immédiatement contesté l’issue du vote, évoquant des irrégularités et annonçant son intention de déposer un recours.
Cette victoire étriquée permet aux écologistes de garder le contrôle de l’hôtel de ville et de six des neuf arrondissements lyonnais. Elle couronne une remontée spectaculaire dans les sondages pour Grégory Doucet, qui avait devancé son adversaire de peu au premier tour. L’élu a salué ses partisans en promettant de poursuivre les politiques sociales et environnementales engagées depuis 2020. En face, le camp d’Aulas, qui rassemblait la droite et le centre, a vivement critiqué l’alliance de dernière minute avec les insoumis, qualifiée d’« accord de la honte » par le candidat battu.
Le véritable basculement s’est cependant opéré au niveau de la Métropole de Lyon. L’institution intercommunale, qui dispose de compétences étendues et d’un budget considérable, passe sous la majorité absolue des listes de la candidate Les Républicains Véronique Sarselli, alliée de Jean-Michel Aulas. Cette coalition, baptisée Grand Cœur Lyonnais, a obtenu une large majorité des sièges au conseil métropolitain, mettant fin au mandat du président écologiste sortant, Bruno Bernard.
La défaite des écologistes à la métropole s’explique en partie par l’impossibilité pour Bruno Bernard de reproduire l’union de la gauche réalisée pour la ville centre. Des dissensions locales, notamment dans des communes de banlieue comme Vaulx-en-Velin et Vénissieux remportées par La France insoumise, ont empêché un rassemblement plus large. Véronique Sarselli, future présidente de la Métropole, a d’ores et déjà indiqué qu’elle proposerait à Jean-Michel Aulas, désormais élu métropolitain, le poste de premier vice-président.
Cette élection dessine ainsi une nouvelle géographie du pouvoir dans l’agglomération lyonnaise, avec une ville centre restée à gauche et une instance intercommunale, au rayonnement et aux moyens financiers plus importants, revenue dans le giron de la droite et du centre. La cohabitation entre ces deux entités, aux orientations politiques divergentes, s’annonce comme le principal défi de la mandature qui s’ouvre.

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