Monde
Lourdes condamnations dans le procès du complot putschiste brésilien

Le verdict tombe dans l’affaire du projet d’assassinat visant le président Lula. La Cour suprême brésilienne prononce des peines sévères contre les auteurs d’un coup d’État avorté.
La justice brésilienne a rendu son verdict concernant les responsables d’un projet de renversement des institutions démocratiques. Quatre hommes – trois militaires et un policier – écopent de plus de vingt années d’emprisonnement pour avoir organisé en 2022 un complot destiné à assassiner le chef de l’État Luiz Inacio Lula da Silva. Ce plan s’inscrivait dans une tentative plus large de maintien au pouvoir de l’ancien président Jair Bolsonaro après sa défaite électorale.
Ces condamnations interviennent dans le cadre du procès qui a déjà vu l’ancien dirigeant d’extrême droite condamné à vingt-sept ans de réclusion en septembre dernier. Le tribunal a retenu la qualification d’organisation criminelle pour décrire le réseau ayant œuvré à instaurer un régime autoritaire. Le projet dénommé « Poignard vert et jaune » prévoyait l’élimination physique du président Lula, de son vice-président Geraldo Alckmin et du juge suprême Alexandre de Moraes, qui préside ces audiences.
Parmi les neuf militaires et un policier jugés lors de cette phase procédurale, les peines les plus lourdes ont frappé les principaux concepteurs opérationnels. Le magistrat a souligné que les prévenus avaient méthodiquement préparé la neutralisation de hautes autorités brésiliennes. Cinq autres accusés, reconnus coupables d’avoir exercé des pressions sur l’état-major pour obtenir son ralliement, ont écopé de sanctions allant de deux à dix-sept années de détention. Un officier général a bénéficié d’un acquittement, bien que des doutes substantiels persistent sur son implication.
Cette affaire judiciaire dépasse les frontières brésiliennes et affecte les relations internationales. L’administration américaine a imposé des mesures de rétorsion commerciales et des sanctions individuelles ciblant notamment le juge instructeur. Des signes récents laissent entrevoir une possible détente diplomatique après la rencontre entre les deux chefs d’État. Parallèlement, le fils de l’ancien président mène depuis Washington une campagne d’influence pour obtenir une intervention en faveur de son père.
Les condamnés disposent encore de voies de recours devant la justice. L’incarcération effective interviendrait seulement après l’épuisement des procédures d’appel. La première chambre de la Cour suprême a déjà rejeté un premier recours de l’ancien président, assigné à résidence depuis août. Le parlementaire Eduardo Bolsonaro fait quant à lui l’objet d’une procédure pour entrave à la justice, dont l’issue sera déterminée prochainement.

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