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L’OMS en première ligne face à Ebola en RDC

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Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, attendu ce jeudi à Kinshasa, a adressé un message de solidarité aux Congolais confrontés à une nouvelle flambée épidémique. Il appelle à une mobilisation immédiate et collective pour endiguer la propagation du virus.

Alors que son avion s’apprête à atterrir en République démocratique du Congo, le chef de l’OMS a tenu à rassurer une population éprouvée. Dans une lettre ouverte, il a affirmé que les Congolais ne seraient pas abandonnés face à cette crise sanitaire qui frappe l’est du pays. Il a insisté sur la nécessité d’une réponse rapide et coordonnée pour surmonter cette épreuve.

Le responsable de l’organisation a rappelé que la RDC avait déjà triomphé du virus à seize reprises par le passé. Selon lui, cette nouvelle vague ne fera pas exception, à condition d’agir sans délai et de manière unie. Son déplacement en Ituri, prévu vendredi, vise à évaluer la situation sur le terrain et à accélérer la riposte dans une région particulièrement difficile d’accès.

L’épidémie, déclarée le 15 mai dans la province de l’Ituri, est provoquée par la souche Bundibugyo du virus, pour laquelle aucun traitement spécifique ni vaccin n’est disponible. Depuis son apparition, des cas ont été signalés dans deux autres provinces congolaises ainsi qu’en Ouganda voisin, où sept infections confirmées, dont un décès, ont été recensées. Les autorités sanitaires internationales estiment que le nombre réel de contaminations pourrait être bien supérieur aux plus de mille cas suspects et 223 décès officiellement enregistrés.

Dans sa lettre, le directeur général de l’OMS a exprimé sa compréhension face à la lassitude des populations locales, déjà confrontées au paludisme, à l’insécurité alimentaire et aux violences armées. Il a souligné l’injustice de voir s’ajouter une nouvelle menace à ces difficultés quotidiennes, sans chercher à minimiser l’ampleur du défi.

La région de l’Ituri, où la riposte peine à s’organiser, est en proie à des violences chroniques perpétrées par divers groupes armés, dont les rebelles islamistes des ADF et des milices communautaires. Par ailleurs, le mouvement antigouvernemental M23, soutenu par l’armée rwandaise, a étendu son emprise sur de vastes territoires des provinces du Nord et du Sud-Kivu depuis le début de l’année 2025. Des affrontements intenses opposent ces derniers jours les forces gouvernementales aux rebelles dans ces deux zones.

Le chef de l’OMS a renouvelé son appel à un cessez-le-feu, même temporaire, pour permettre aux équipes sanitaires d’intervenir. Il a estimé qu’aucun conflit ne justifiait de laisser des innocents mourir d’une maladie évitable, implorant les belligérants de laisser un espace pour porter assistance aux plus vulnérables.

De son côté, l’Ouganda a temporairement fermé sa frontière avec la RDC en raison de l’aggravation de la situation épidémique. Les États-Unis ont également annoncé qu’ils prendraient toutes les mesures nécessaires pour empêcher l’introduction du virus sur leur territoire, envisageant notamment l’ouverture d’un centre de quarantaine au Kenya pour leurs ressortissants exposés. Un Américain contaminé en RDC a déjà été hospitalisé à Berlin, où son état a été jugé stabilisé.

Vendredi dernier, l’OMS a relevé son évaluation du risque pour la santé publique en RDC au niveau maximal, tout en maintenant une appréciation modérée aux échelons régional et mondial. La plupart des épidémies précédentes dans le pays étaient dues à la souche Zaïre d’Ebola, la seule pour laquelle un vaccin existe. Le virus a causé plus de quinze mille décès en Afrique au cours des cinquante dernières années, la flambée la plus meurtrière en RDC ayant fait près de deux mille trois cents morts entre 2018 et 2020.

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