Économie
L’OMC en sursis à Yaoundé, le Brésil impose son veto

Les pourparlers de la conférence ministérielle piétinent, le dossier agricole cristallisant les tensions et retardant tout accord global sur l’avenir de l’organisation.
Les travaux de la quatorzième conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce se poursuivent au-delà du calendrier prévu, dans un climat de fortes incertitudes. Les délégations présentes à Yaoundé peinent à débloquer les discussions, un point de friction majeur sur les questions agricoles venant entraver la conclusion d’un ensemble d’accords.
En début de soirée ce dimanche, les négociations restaient dans une impasse. La délégation brésilienne a en effet conditionné son accord sur le volet commerce électronique à des avancées substantielles concernant l’agriculture. Cette posture, exprimée publiquement la veille par le ministre des Affaires étrangères du pays, reflète une frustration de longue date de nombreux membres quant à la stagnation des discussions sur ce secteur.
L’objectif initial de cette session était pourtant de parvenir à une déclaration commune jetant les bases de futures négociations agricoles à Genève. Les désaccords demeurent profonds, notamment sur la nature même des futures discussions, certains pays développés souhaitant une refonte complète du cadre de négociation, une perspective que rejettent plusieurs économies en développement.
Cette impasse agricole retarde également l’adoption d’un plan de réforme de l’institution, pourtant considéré comme une priorité absolue. L’OMC, affaiblie par des années de paralysie de son système de règlement des différends et par la montée des tensions commerciales, cherche à retrouver un rôle central dans la gouvernance des échanges mondiaux. Un projet de texte, circulant parmi les délégations, propose d’intensifier les travaux en vue de propositions concrètes pour la prochaine conférence ministérielle.
Parallèlement, un autre dossier crucial, celui du moratoire sur les droits de douane applicables aux transmissions électroniques, fait l’objet de tractations serrées. Alors que l’actuelle suspension expire fin mars, les positions étaient initialement très éloignées. Les dernières propositions en discussion évoquent une prolongation de cinq ans, assortie d’un réexamen en 2030, marquant un recul par rapport à la demande initiale de certains pays d’une reconduction permanente.
L’ensemble de ces négociations illustre les difficultés persistantes de l’organisation à fonctionner par consensus dans un environnement géopolitique complexe. L’issue de cette conférence, qui devait s’achever plus tôt dans la journée, reste suspendue à la capacité des parties à trouver un équilibre entre des intérêts souvent divergents.

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