Économie
L’ombre du Groenland plane sur les Alpes suisses


Le président américain Donald Trump rejoint le Forum économique mondial de Davos dans un contexte de tensions extrêmes avec les alliés européens, son projet d’annexion du territoire autonome danois menaçant les fondements de l’Alliance atlantique.
Son arrivée à la station alpine, avec un retard de plusieurs heures dû à un incident technique sur l’avion présidentiel, ne fait qu’ajouter au climat de suspense. La veille de son départ, le locataire de la Maison Blanche avait une nouvelle fois provoqué ses partenaires, évoquant sans détour ses ambitions sur l’immense île arctique et laissant planer le doute sur les moyens qu’il serait prêt d’employer.
Le dirigeant américain, qui prononcera un discours et participera à plusieurs entretiens, justifie sa démarche par des impératifs de sécurité nationale. Il met en avant les ressources minérales du Groenland et la nécessité de contrer l’influence russe et chinoise dans une région arctique en pleine transformation. Pour faire pression, Washington a brandi la menace de droits de douane supplémentaires sur les exportations de huit pays européens, une mesure qui a immédiatement déclenché la promesse de mesures de rétorsion de la part de l’Union européenne.
La réaction européenne s’est organisée à Davos même. Le président français Emmanuel Macron a dénoncé des tentatives de subordination et qualifié les pressions américaines d’inacceptables, appelant à une réponse ferme et unie. De son côté, la présidente de la Commission européenne a mis en garde contre une spirale négative dans les relations transatlantiques. La France a par ailleurs proposé la tenue d’un exercice de l’OTAN au Groenland, une initiative soutenue par plusieurs capitales.
Le Premier ministre canadien, dont les relations avec Washington sont également tendues, a reçu un accueil chaleureux pour son ferme soutien au Danemark et au Groenland, soulignant la nécessité pour les puissances moyennes de défendre leurs intérêts communs. Des voix américaines, comme celle du gouverneur de Californie, ont même exhorté les Européens à adopter une posture plus combative.
L’inquiétude dépasse le cadre économique ou diplomatique. Le Premier ministre groenlandais a appelé sa population à se préparer à une éventuelle intervention militaire. Un président européen a déclaré qu’une action américaine contre un allié signifierait la fin de l’OTAN. L’agenda de Donald Trump à Davos, qui inclut l’annonce d’un nouveau forum international concurrent des Nations unies et une invitation controversée au président russe, ne fait qu’alimenter les craintes d’un bouleversement profond de l’ordre international.





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