Économie
L’Occitanie ouvre la première autoroute ferroviaire vers Calais


Une innovation majeure dans le transport de marchandises vient de voir le jour dans le sud de la France, marquant une étape significative dans la transition écologique du fret.
Dans le port de Sète, une file de semi-remorques attend son embarquement tandis qu’une autre colonne de poids lourds vient tout juste de quitter les wagons. Cette scène inaugure le fonctionnement de la nouvelle liaison ferroviaire reliant la Méditerranée à la mer du Nord. Le système repose sur une technologie alsacienne permettant le transfert horizontal des remorques sans recours à des grues, grâce à des wagons spécialement conçus.
Cette infrastructure permettra à terme d’acheminer quarante mille remorques annuellement, évitant ainsi un nombre équivalent de trajets routiers générateurs de dioxyde de carbone. Pour sa première année d’exploitation, l’objectif est fixé à quinze mille unités transportées. La présidente de la région Occitanie a salué cette réalisation qui autorise le transit de conteneurs entre la Turquie et la Grande-Bretagne sans emprunter la route.
Le projet, annoncé il y a quatre ans, s’inscrit dans un réseau plus vaste comprenant déjà la liaison entre Le Boulou et le Luxembourg, qui retire cent mille camions des routes chaque année. Une troisième ligne entre Cherbourg et Bayonne a été mise en service cet été, tandis qu’une quatrième reliera Bayonne à Bettembourg dès la mi-décembre.
Le directeur du site sétois se félicite de l’arrivée d’un nouveau partenaire commercial de taille, dont les conteneurs sont déjà visibles dans le port. La saturation de la plateforme du Boulou explique ce report d’activité vers Sète pour l’expédition vers le nord de l’Europe.
Pourtant, le développement du transport ferroviaire de marchandises rencontre des obstacles substantiels. Il ne représente actuellement que trois pour cent du fret total en France. Son déploiement se heurte à la complexité de l’harmonisation des normes internationales et nécessite des investissements colossaux. L’ancienne ligne des primeurs entre Perpignan et Rungis, fermée définitivement cet été, illustre les difficultés persistantes du secteur.
Parallèlement, le port de Sète a accueilli le premier navire dragueur fonctionnant à l’hydrogène vert, une innovation mondiale conçue par un bureau d’études toulousain. Ce prototype de soixante-dix mètres pourra être loué à d’autres ports méditerranéens, leur évitant d’importer des équipements coûteux depuis l’Europe du Nord. L’installation d’un quai électrique pour l’alimentation des navires à l’arrêt complète cette stratégie portuaire de réduction des émissions, une obligation qui s’appliquera à l’ensemble des ports européens d’ici 2030.





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